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14/02/2008

UN TEMPS DE CARÊME POUR GRANDIR.

L’évangile d’aujourd’hui nous situe au cœur du discours sur la montagne où Jésus nous invite à ajuster, à disposer nos cœurs pour entrer dans le Royaume. L’exemple des scribes et des pharisiens est donné par Jésus pour nous faire réagir. Jésus dénonce leur justice non pas pour sa caducité mais pour son insuffisance. La stricte conformité aux prescriptions légales n’exprime pas un véritable ajustement aux mœurs du Royaume. Il faut aller plus loin et s’ouvrir aux exigences de la miséricorde. Jésus ne veut rien ajouter ni enlever à la Loi mais il invite à la vivre en faisant tout ce qu’elle rend possible dans l’ordre de la charité et non en se limitant à ce qu’elle défend : « Vous avez appris que… Eh bien moi, je vous dis… ».

La Loi condamne le meurtre. Eh bien, Jésus va étendre l’acte d’homicide au-delà de la stricte élimination physique de son prochain. Il va en dénoncer les racines cachées : la colère, l’insulte, la malédiction qui procèdent de la même logique intentionnelle d’éliminer celui qui me fait obstacle : « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu ».
Aucune de ces menaces n’est pourtant irréversible. Leur sévérité n’est qu’un appel à nous convertir, de la part d’un Dieu qui nous aime et ne veut pas que nous sombrions dans la mort à laquelle nous conduisent la colère, les paroles qui la manifestent et l'outrage qu'elles vont parfois jusqu’à exprimer.

Mais la conversion à Dieu passe toujours par la personne de l’autre, de ce frère en humanité qui est à mes côtés. Voilà pourquoi Jésus ajoute : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » A noter qu’il ne dit pas : « Si tu as quelque chose contre ton frère », mais « si ton frère a quelque chose contre toi », car avouons-le bien humblement, il nous est plus spontané de voir l’offense qui nous a été faite que celle que nous avons commise. Combien est donc pressante la nécessité de la réconciliation !

Notre offrande à l’autel ne prendra son sens et n'aura de valeur qu'en fonction de cette réconciliation préalable. Car nous ne sommes pas seuls devant l'autel. La dimension communautaire de notre foi et du culte que nous rendons à Dieu n’est pas accidentelle ou facultative mais essentielle et indispensable. En effet, notre Dieu est Père de tous les hommes. Toute offrande véritable et donc digne d’être agréée, ne peut jaillir qu’en action de grâce du don de la paternité divine et de la fraternité universelle qu’elle révèle et à laquelle elle conduit. Voilà pourquoi Dieu ne peut recevoir le sacrifice des chrétiens divisés entre eux.
Jésus nous appelle bien à dépasser le cadre du légalisme judiciaire en nous ouvrant aux exigences de l’amour et de la miséricorde. C’est le seul lieu où nous pourrons rencontrer en vérité notre Dieu puisque c’est le chemin qu’Il a emprunté lui-même pour nous rejoindre.

« Seigneur, donne-nous durant ce temps de Carême de grandir dans une vraie charité envers tout homme afin de pouvoir t’adorer sans partage. Apprends-nous à vivre de ta miséricorde pour que ton règne vienne et que ta volonté de salut s’accomplisse sur la terre comme au ciel ».

Frère Elie.

19:02 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

07/02/2008

Les tentations subies par Jésus.

La femme trouva le fruit savoureux.

Elle prit ce fruit et en mangea." Gn 2,7 - 3,7

"De même, l’accomplissement de la justice

par un seul a conduit tous les hommes

à la justification qui donne la vie." Rm 5, 12-19

"Jésus, après son baptême, fut conduit au désert

pour y être tenté par le démon." Mt 4, 1-11


©F&L- P. Zacharie

 

Jésus est le nouvel Adam qui ne succombe pas à la tentation de Satan, le diviseur, celui qui détourne de Dieu en insinuant le doute tout au fond du cœur : Dieu nous cacherait-il, par une quelconque jalousie, un bien délicieux ? La réponse est claire : non ! Face à l’attrait passager de la possession, Jésus rappelle au diable :
– que la vraie nourriture est la Parole de Dieu et non les biens à consommer de la terre, « le pain », par ailleurs nécessaire, mais seulement comme moyen et non comme but ;
– que les biens spirituels s’obtiennent non par la suspicion à l’égard de Dieu, « en ne le mettant pas à l’épreuve », mais en lui faisant confiance ;
– que le but de toute vie, la joie extrême de l’existence, ne réside pas dans le pouvoir temporel, « les royaumes de ce monde », mais dans « l’adoration » du Dieu Vivant. Finalement, au lieu de se servir, en prenant par soi-même du fruit appétissant de l’arbre défendu, Jésus nous invite à être servi et à servir : à recevoir notre vraie joie de Dieu lui-même afin de la transmettre aux autres de sa part. « Et voici que les anges s’approchèrent de lui, et ils le servaient. »

En ce premier dimanche du Carême, demandons à Dieu de nous donner, durant ce chemin qui conduit à Pâques, le goût des vraies valeurs chrétiennes : à savoir, tout d’abord, de trouver la joie en Dieu dans l’approfondissement de notre vie de prière, afin de le servir dans les pauvres que nous rencontrerons.

 

 

 

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006

11:42 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

04/02/2008

TA FOI T'A SAUVÉE !

Saint Marc aime les descriptions brèves, précises et bien délimitées. Or voilà qu’il nous rapporte deux miracles imbriqués en un seul récit, particulièrement complexe. Il aurait fort bien pu présenter les deux événements successivement, en deux unités distinctes, juxtaposées, comme il le fait d’habitude. Le choix de la structure composée que nous venons d’entendre est clairement intentionnel et ne peut être qu’une invitation à interpréter les deux miracles ensemble, comme s’il s’agissait de deux aspects d’une même action pédagogique de Jésus.
Le point commun entre Jaïre et la femme bénéficiaire de la guérison, est leur ardent désir d’une intervention salvifique de Notre-Seigneur, l’un en faveur de sa fille, l’autre pour elle-même. Tous deux vont d’ailleurs obtenir l’objet de leur espérance comme réponse à leur acte de foi. Comme « le sens jaillit de la différence », voyons maintenant le contraste entre les deux récits.
Jaïre est un notable : il est chef de la synagogue, il est entouré de serviteurs, sa maisonnée est nombreuse. La femme dont il est question est anonyme ; elle restera connue comme « la femme hémorroïsse », autrement dit : elle est identifiée au mal dont Jésus va la délivrer. Elle est seule, et son attitude trahit l’isolement dans lequel l’enferme son mal ; celui-ci l’empêche d’avoir une vie familiale, ce qui est pour une femme juive, la suprême humiliation, interprétée comme une réprobation divine.
Il n’est pas précisé que Jaïre ait convoqué tous les médecins de la région auprès de son enfant, mais on peut le supposer vu l’intensité de sa détresse : tout comme la femme, il a épuisé tous les recours humains possibles. En accourant vers Jésus, c’est vers Dieu qu’ils se tournent, comme le trahit l’attitude de Jaïre - il tombe aux pieds du Seigneur et le supplie - et le débat intérieur de la femme, convaincue qu’un simple contact avec le vêtement de Jésus suffirait à la « sauver ». Tous deux accomplissent donc une démarche de foi, qui leur vaudra l’exaucement de leur requête.
Cependant leur attitude ne se recoupe pas totalement. Le chef de la synagogue vient au-devant de Jésus, et s’adresse à lui pour le prier de venir « imposer les mains à sa fille pour qu’elle soit sauvée (de la mort) et qu’elle puisse continuer à vivre ». La pauvre femme se dit en elle-même : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée ». Sa foi intense n’a pas besoin de « déranger » le Maître : elle croit qu’un simple contact discret suffira à libérer en sa faveur la puissance divine de guérison qui repose sur lui. Les faits lui donnent raison - « à l’instant même, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal » - et Jésus lui-même la confirme dans son attitude ; bien plus il la félicite pour l’audace de sa foi : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ».
Le chef de la synagogue, lui, n’en est pas encore là dans son cheminement de foi. Il a besoin d’être exhorté par Jésus au combat contre le doute et à la persévérance dans la confiance : « Ne crains pas, crois seulement ». Le miracle que Notre-Seigneur accomplit en faveur de sa fille est empreint de la même simplicité qui entoure la démarche de la femme : Jésus « saisit la main de l’enfant et lui dit (dans sa langue maternelle) : “Jeune fille, je te le dis, lève-toi” ». Les paroles et le geste sont ceux de parents venant réveiller leur enfant pour un jour nouveau.
Si nous relisons maintenant l’ensemble des deux récits imbriqués, nous découvrons que l’attitude de la femme hémorroïsse est proposée au chef de la synagogue, comme modèle de l’attitude de foi, une foi qui est instantanément exaucée, parce qu’elle établit en communion avec la personne du Sauveur.
Il faut sans doute pousser plus loin encore notre quête, car Saint Marc nous invite explicitement, à travers la correspondance des chiffres, à établir un lien entre la femme « qui avait des pertes de sang depuis douze ans » et « la jeune fille qui avait douze ans ». Lorsqu’on se souvient que douze ans est l’âge où les jeunes filles étaient données en mariage, on peut risquer l’interprétation symbolique suivante : la femme hémorroïsse représente l’humanité devenue stérile en conséquence du péché qui la rend impure. Mais alors que tout semblait perdu, voilà qu’elle peut retrouver sa jeunesse, sa vitalité et sa fécondité moyennant la foi ; une foi vivante par la charité, qui fait d’elle la jeune fille en âge de noce, que l’auteur de l’Apocalypse voit « descendre du ciel, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » (Ap 21, 2).

« Seigneur Jésus, accorde-nous la force de nous “débarrasser de tout ce qui nous alourdit, et d’abord du péché qui nous entrave si bien, en fixant nos yeux sur toi, qui es à l’origine et au terme de notre foi”. Que renouvelés dans cette vertu théologale, nous obtenions de toi d’être “sauvés” nous aussi, et de “vivre” de la vie de ton Esprit. Puissions-nous te plaire en toutes choses afin qu’au jour où nous paraîtrons devant toi, tu t’approches de nous comme l’Epoux de nos âmes, nous invitant à entrer avec toi dans la Paix et la Joie de la Cité sainte où Dieu sera tout en tous (1 Co 15, 28) ».


Père Joseph-Marie.

20:24 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

02/02/2008

LA RÉVOLUTION RELIGIEUSE DES ÉVANGILES.

Depuis que l’homme a perdu l’amitié divine en se détournant de son Seigneur, il ne cesse de s’égarer sur des chemins de perdition. Pourtant, « Dieu ne l’a pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans sa miséricorde, il a multiplié les alliances avec son peuple, afin qu’il le cherche et puisse le trouver » (cf. Pr. Euch. IV). Hélas, le cœur endurci par le péché, l’homme refuse d’écouter la voix du Seigneur et de se soumettre à ses commandements et à ses lois ; il s’enfonce dans le mal et finit par s’exclure du peuple saint. Seul un petit « reste » persévère dans la fidélité, refusant de « commettre l’iniquité » en « prenant pour refuge le nom du Seigneur » (1ère lect.). Le « juste » est celui qui s’ajuste à Dieu en faisant sa volonté, en épousant ses « mœurs » afin de lui ressembler. Aussi ce « peuple petit et pauvre », ces « humbles du pays » qui « renoncent au mensonge et cherchent la justice et l’humilité » (Ibid.), annoncent-ils le visage paradoxal de l’Emmanuel, le Dieu qui vient à nous comme un enfant et dont nous devinons les traits en égrenant les Béatitudes.
Lorsque Nietzsche caricature le christianisme comme « la religion du ressentiment des pauvres » - entendons : de ceux qui ne peuvent pas s’imposer dans ce monde-ci, et se convainquent que le bonheur les attend dans un autre - il a oublié de lire l’Évangile jusqu’au bout : car c’est à la lumière de la passion de Jésus que les Béatitudes prennent tout leur sens. C’est là que Notre-Seigneur nous révèle en quoi consiste la véritable pauvreté, douceur, compassion, miséricorde, justice, pureté de cœur, patience. Celui qui lit les Béatitudes à la lumière de la Croix, découvre que loin d’être l’éloge d'une tranquillité passive et béate, elles appellent à un engagement radical, concret, exigeant, ardu, proposé pourtant comme chemin de bonheur ; mais d’un bonheur vécu à contre-courant ce la mentalité dominante.
Aujourd’hui comme hier, la charte évangélique - c’est-à-dire les Béatitudes - demeure une pierre d’achoppement. Certes il est de bon ton de louer l’élévation de ces paroles, leur pureté morale, etc. Mais qui d’entre nous a résolument choisi de les vivre, ou du moins de s’engager à gravir cette montagne avec l’aide de la grâce ? Nous admirons ces sentences, mais nous les redoutons bien plus encore, car elles heurtent de front nos valeurs - celles que nous avons héritées de ce monde. Pourtant il est impossible de devenir saints - c’est-à-dire d’accéder à la filiation divine - sans adopter le style de vie de Jésus, qu’il nous dévoile précisément dans ces douze versets. Notre-Seigneur déclare « heureux » ceux qui se trouvent dans une situation que nous redoutons - la pauvreté, le chagrin, la persécution -, ceux dont l’attitude est méprisée par notre société - les doux, les miséricordieux, les cœurs purs -, ou enfin ceux dont le comportement va leur attirer des ennuis - ceux qui ont faim et soif de justice, les artisans de paix. Bref : des hommes et des femmes que menacent l’une ou l’autre forme d’exclusion.
Dans un dernier effort d’inculturation des propos de Jésus on pourrait argumenter qu’il s’agit d’un langage poétique, hyperbolique, qu’il faut interpréter et adapter aux mœurs de notre temps… Peine perdue : il suffit de relire la seconde lecture de la liturgie de ce jour, pour se rendre compte que les Béatitudes sont à prendre au pied de la lettre. Saint Paul souligne que l’Église de Corinthe ne contient pas beaucoup de sages, de puissants ou de nobles - ceux que nous aurions spontanément choisis pour assurer le succès de l’Église naissante ; Dieu tout au contraire s’est plu à appeler « ce qu’il y a de fou, de faible, d’origine modeste, ce qui n’est rien dans le monde, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant lui » (2nd lect.). Tel est le nouvel Israël de Dieu ou plutôt le « Reste d’Israël » (1ère lect.) dont le Christ veut faire son Église. A chacun de nous de vérifier si nous nous reconnaissons dans ce « peuple petit et pauvre » qui ne cherche pas sa propre gloire mais « met son orgueil dans le Seigneur ».
Car c’est bien à nous que s’adressent les Béatitudes. Quand Jésus les proclamait sur la colline de Capharnaüm, il n'avait devant lui que de pauvres gens sans éducation religieuse et qui ne brillaient pas par leurs qualités morales extraordinaires. C'étaient Marie-Madeleine la pécheresse, Zachée le collecteur d’impôt, Matthieu le publicain, des pécheurs du lac de Galilée, des malades, des infirmes, bref : des gens comme vous et moi.
Jésus ne décrit pas ce que vit son auditoire, mais il révèle à ceux qui l’écoutent que leur existence, simple et banale, peut devenir un chemin de sainteté, pourvu qu’ils la vivent à la lumière de ses Paroles de feu. A l’écoute de l’enseignement du Sermon sur la Montagne, nous découvrons qu’un trésor est enfoui dans le champ de notre quotidien, et qu’il ne dépend que de nous de le trouver. Notre-Seigneur nous dit que nous sommes « heureux », non pas malgré nos pauvretés, nos larmes, nos efforts de vivre dans la justice et de garder un cœur pur au milieu de l’immoralité généralisée, notre volonté de pardonner et de faire la paix dans un monde de loups, non pas malgré les humiliations subies en raison de notre appartenance au Christ ; mais que le bonheur se trouve tout au contraire au cœur même de ces situations d’échec apparent, dès lors que nous décidons de les vivre à la lumière de l’Évangile.
Dieu nous invite à venir à lui tels que nous sommes ; car c’est dans notre faiblesse qu’il veut mettre sa force ; dans nos larmes, qu’il veut déposer le germe de sa joie ; dans nos pauvretés, qu’il veut déverser sa richesse ; dans notre péché, qu’il veut offrir son pardon ; dans notre mort qu’il veut faire jaillir sa Vie. Sur nos croix, il a déjà fixé la sienne, afin que la gloire transfigure ce qui faisait notre honte, et que notre humanité mortellement blessée soit immergée dans sa divinité.
Telle est la grande révolution religieuse des Évangiles, et en particulier des Béatitudes, qui devraient complètement renouveler notre image de Dieu.
Dans quelques instants, en présentant le Corps et le Sang de notre Sauveur, le célébrant résumera le chapelet des Béatitudes en une seule : « Heureux les invités au repas du Seigneur ». Oui heureux sommes-nous, car en communiant, nous devenons ce que nous recevons : le corps du Christ pauvre, doux, compatissant, miséricordieux, pacifique.

« Seigneur, donne-nous un cœur assez pur pour te voir dans l’humble Hostie en qui nous trouvons notre justification, et nous aurons la force de témoigner, jusque dans les persécutions, du vrai visage du monde qui vient. »


Père Joseph-Marie.

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01/02/2008

Message de Benoît XVI pour le Carême 2008.

« Le Christ pour vous s’est fait pauvre » (2 Cor 8,9)

Chers frères et sœurs !

1. Chaque année, le Carême nous offre une occasion providentielle pour approfondir le sens et la valeur de notre identité chrétienne, et nous stimule à redécouvrir la miséricorde de Dieu pour devenir, à notre tour, plus miséricordieux envers nos frères. Pendant le temps du Carême, l’Église propose certains engagements spécifiques pour accompagner concrètement les fidèles dans ce processus de renouvellement intérieur : ce sont la prière, le jeûne et l’aumône. Cette année, en ce traditionnel Message pour le Carême, je voudrais m’arrêter pour réfléchir sur la pratique de l’aumône : elle est une manière concrète de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin, et, en même temps, un exercice ascétique pour se libérer de l’attachement aux biens terrestres. Combien forte est l’attirance des richesses matérielles, et combien doit être ferme notre décision de ne pas l’idolâtrer ! Aussi Jésus affirme-t-il d’une manière péremptoire : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent » (Lc 16,13).

L’aumône nous aide à vaincre cette tentation permanente : elle nous apprend à aller à la rencontre des besoins de notre prochain et à partager avec les autres ce que, par grâce divine, nous possédons. C’est à cela que visent les collectes spéciales en faveur des pauvres, qui sont organisées pendant le Carême en de nombreuses régions du monde. Ainsi, à la purification intérieure s’ajoute un geste de communion ecclésiale, comme cela se passait déjà dans l’Église primitive. Saint Paul en parle dans ses Lettres à propos de la collecte en faveur de la communauté de Jérusalem (cf. 2 Cor 8-9 ; Rm 15, 25-27).

2. Selon l’enseignement de l’Évangile, nous ne sommes pas propriétaires mais administrateurs des biens que nous possédons : ceux-ci ne doivent donc pas être considérés comme notre propriété exclusive, mais comme des moyens à travers lesquels le Seigneur appelle chacun d’entre nous à devenir un instrument de sa providence envers le prochain. Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église Catholique, les biens matériels ont une valeur sociale, selon le principe de leur destination universelle (cf. n° 2404).

Dans l’Évangile, l’avertissement de Jésus est clair envers ceux qui possèdent des richesses terrestres et ne les utilisent que pour eux-mêmes. Face aux multitudes qui, dépourvues de tout, éprouvent la faim, les paroles de saint Jean prennent des accents de vive remontrance : « Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jn 3, 17). Cet appel au partage résonne avec plus de force dans les pays dont la population est formée d’une majorité de chrétiens, car plus grave encore est leur responsabilité face aux multitudes qui souffrent de l’indigence et de l’abandon. Leur porter secours est un devoir de justice avant même d’être un acte de charité.

3. L’Évangile met en lumière un aspect caractéristique de l’aumône chrétienne : elle doit demeurer cachée. « Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite », dit Jésus, « afin que ton aumône se fasse en secret » (Mt 6, 3-4). Et juste avant, il avait dit qu’il ne faut pas se vanter de ses bonnes actions, pour ne pas risquer d’être privé de la récompense céleste (cf. Mt 6, 1-2). La préoccupation du disciple est de tout faire pour la plus grande gloire de Dieu. Jésus avertit : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 16). Ainsi, tout doit être accompli pour la gloire de Dieu et non pour la nôtre. Ayez-en conscience, chers frères et sœurs, en accomplissant chaque geste d’assistance au prochain, tout en évitant de le transformer en un moyen de se mettre en évidence. Si, en faisant une bonne action, nous ne recherchons pas la gloire de Dieu et le vrai bien de nos frères, mais nous attendons plutôt en retour un avantage personnel ou simplement des louanges, nous nous situons dès lors en dehors de l’esprit évangélique. Dans la société moderne de l’image, il importe de rester attentif, car cette tentation est récurrente. L’aumône évangélique n’est pas simple philanthropie : elle est plutôt une expression concrète de la charité, vertu théologale qui exige la conversion intérieure à l’amour de Dieu et des frères, à l’imitation de Jésus Christ, qui, en mourant sur la Croix, se donna tout entier pour nous. Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour les innombrables personnes qui, dans le silence, loin des projecteurs de la société médiatique, accomplissent dans cet esprit des actions généreuses de soutien aux personnes en difficulté ? Il ne sert pas à grand chose que de donner ses biens aux autres si, à cause de cela, le cœur se gonfle de vaine gloire : voilà pourquoi celui qui sait que Dieu « voit dans le secret » et dans le secret le récompensera, ne cherche pas de reconnaissance humaine pour les œuvres de miséricorde qu’il accomplit.

4. En nous invitant à considérer l’aumône avec un regard plus profond, qui transcende la dimension purement matérielle, les Saintes Écritures nous enseignent qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir (cf. Act 20, 35). Quand nous agissons avec amour, nous exprimons la vérité de notre être : nous avons en effet été créés non pour nous-mêmes, mais pour Dieu et pour nos frères (cf. 2 Cor 5, 15). Chaque fois que, par amour pour Dieu, nous partageons nos biens avec notre prochain qui est dans le besoin, nous expérimentons que la plénitude de la vie vient de l’amour et que tout se transforme pour nous en bénédiction sous forme de paix, de satisfaction intérieure et de joie. En récompense de nos aumônes, le Père céleste nous donne sa joie. Mais il y a plus encore : saint Pierre cite parmi les fruits spirituels de l’aumône, le pardon des péchés. « La charité – écrit-il – couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8). La liturgie du Carême le répète souvent, Dieu nous offre, à nous pécheurs, la possibilité d’être pardonnés. Le fait de partager ce que nous possédons avec les pauvres, nous dispose à recevoir un tel don. Je pense en ce moment au grand nombre de ceux qui ressentent le poids du mal accompli et qui, précisément pour cela, se sentent loin de Dieu, apeurés et pratiquement incapables de recourir à Lui. L’aumône, en nous rapprochant des autres, nous rapproche de Dieu, et elle peut devenir l’instrument d’une authentique conversion et d’une réconciliation avec Lui et avec nos frères.

5. L’aumône éduque à la générosité de l’amour. Saint Joseph-Benoît Cottolengo avait l’habitude de recommander : « Ne comptez jamais les pièces que vous donnez, parce que, je le dis toujours : si en faisant l’aumône la main gauche ne doit pas savoir ce que fait la droite, de même la droite ne doit pas savoir ce qu’elle fait elle-même » (Detti e pensieri, Edilibri, n. 201). À ce propos, combien significatif est l’épisode évangélique de la veuve qui, dans sa misère, jette dans le trésor du Temple « tout ce qu’elle avait pour vivre » (Mc 12, 44). Sa petite monnaie, insignifiante, devint un symbole éloquent : cette veuve donna à Dieu non de son superflu, et non pas tant ce qu’elle a, mais ce qu’elle est. Elle, tout entière.

Cet épisode émouvant s’insère dans la description des jours qui précèdent immédiatement la passion et la mort de Jésus, Lui qui, comme le note saint Paul, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2 Cor 8, 9) ; Il s’est donné tout entier pour nous. Le Carême nous pousse à suivre son exemple, y compris à travers la pratique de l’aumône. À son école, nous pouvons apprendre à faire de notre vie un don total ; en l’imitant, nous réussissons à devenir disposés, non pas tant à donner quelque chose de ce que nous possédons, qu’à nous donner nous-mêmes. L’Évangile tout entier ne se résume-t-il pas dans l’unique commandement de la charité ? La pratique quadragésimale de l’aumône devient donc un moyen pour approfondir notre vocation chrétienne. Quand il s’offre gratuitement lui-même, le chrétien témoigne que c’est l’amour et non la richesse matérielle qui dicte les lois de l’existence. C’es donc l’amour qui donne sa valeur à l’aumône, lui qui inspire les diverses formes de don, selon les possibilités et les conditions de chacun.

6. Chers frères et sœurs, le Carême nous invite à nous « entraîner » spirituellement, notamment à travers la pratique de l’aumône, pour croître dans la charité et reconnaître Jésus lui-même dans les pauvres. Les Actes des Apôtres racontent que l’apôtre Pierre s’adressa ainsi au boiteux de naissance qui demandait l’aumône à la porte du Temple : « Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Act 3, 6). Par l’aumône, nous offrons quelque chose de matériel en signe de ce don plus grand que nous pouvons offrir aux autres, l’annonce et le témoignage du Christ : en son Nom est la vraie vie. Que ce temps soit donc caractérisé par un effort personnel et communautaire d’adhésion au Christ pour que nous soyons des témoins de son amour. Que Marie, Mère et Servante fidèle du Seigneur, aide les croyants à livrer le « combat spirituel » du Carême avec les armes de la prière, du jeûne et de la pratique de l’aumône, afin de parvenir aux célébrations des fêtes pascales en étant entièrement renouvelés en esprit. En formulant ces vœux, j’accorde volontiers à tous la Bénédiction apostolique.

19:22 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

31/01/2008

Les Béatitudes.

"Cherchez la justice,

cherchez l’humilité." So 2,3 - 3,13
"Ce qu’il y a de faible dans le monde,

voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir

de confusion ce qui est fort." 1 Co 1, 26-31

"Heureux les pauvres de cœur :

le Royaume des cieux est à eux." Mt 5, 1-12



Si Jésus, voyant la foule, gravit la montagne et proclame par neuf fois le terme « bienheureux », c’est pour une raison claire : il est expert en bonheur et plus précisément, il rend présent par sa personne la béatitude de Dieu parmi les hommes : « Le Royaume des cieux est au milieu de vous. » Si, par ailleurs, les disciples sont les premiers destinataires de ces paroles, c’est que le bonheur divin s’adresse en particulier à ceux qui écoutent attentivement la Parole du Christ et veulent le suivre « partout où il va ». Dieu en Jésus se donne « en partage », se rend « présent », alors même que sur ce chemin de prédilection, les obstacles ne manqueront pas : « Persécutions, pleurs, injustices, insultes. » Mais ces douleurs de la vie peuvent devenir autant d’occasions pour grandir dans la joie du Maître : il y a là toute une école de vie que les chrétiens sont à même de pouvoir facilement appliquer s’ils gardent, dans leur quotidien, tout leur être tendu vers la « pauvreté et la pureté du cœur, la douceur, la soif de justice, la miséricorde, la paix et la persévérance ».

Ces attitudes n’ont de sens qu’en gardant intérieurement le regard fixé sur Jésus qui, le premier, a su demeurer dans la joie du Père en faisant sa volonté et cela parfaitement, jusqu’à mourir sur la Croix. « Heureux » alors celui qui unifie en Jésus tout son être et tout son agir.

 

 

 

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006

11:54 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, spiritualite, action-sociale-chretienne |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

28/01/2008

« La science de l’homme, la plus nécessaire des sciences », affirme Benoît XVI.

Colloque sur « L’identité changeante de l’individu »

ROME, Lundi 28 janvier 2008 (ZENIT.org) - « La science de l'homme devient la plus nécessaire de toutes les sciences », affirme Benoît XVI, qui propose une fois encore une réflexion approfondie sur la relation entre science et foi, entre foi et raison, à l'occasion d'un colloque sur « l'individu ». « L'homme est toujours au-delà de ce que l'on en voit ou de ce que l'on en perçoit par l'expérience », souligne-t-il.

Benoît XVI a reçu ce matin en audience au Vatican les participants d'un colloque sur le thème : « L'identité changeante de l'individu », organisé sous l'égide de l'Académie pontificale des Sciences, l'Académie pontificale des Sciences sociales, l'Académie des Sciences morales et politiques, l'Académie des Sciences, et l'Institut Catholique de Paris.

« Je me réjouis que, pour la première fois, une collaboration inter-académique de cette nature ait pu s'instaurer, ouvrant la voie à de larges recherches pluridisciplinaires toujours plus fécondes », a souligné d'emblée Benoît XVI après avoir remercié le Prince de Broglie de son aimable allocution.

Pas possible de s'arrêter à la seule expérience

« Alors que les sciences exactes, naturelles et humaines sont parvenues à de prodigieuses avancées sur la connaissance de l'homme et de son univers, la tentation est grande de vouloir circonscrire totalement l'identité de l'être humain et de l'enfermer dans le savoir que l'on peut en avoir. (...) Il importe de faire droit à la recherche anthropologique, philosophique et théologique, qui permet de faire apparaître et de maintenir en l'homme son mystère propre, car aucune science ne peut dire qui est l'homme, d'où il vient et où il va », recommandait le pape.

« La science de l'homme devient donc la plus nécessaire de toutes les sciences », affirmait le pape en citant l'encyclique de Jean-Paul II « Fides et ratio » souhaitant que l'on arrive à « accomplir le passage, aussi nécessaire qu'urgent, du phénomène au fondement » car « il n'est pas possible de s'arrêter à la seule expérience; même quand celle-ci exprime et rend manifeste l'intériorité de l'homme et sa spiritualité (...) ».

« L'homme est toujours au-delà de ce que l'on en voit ou de ce que l'on en perçoit par l'expérience, commentait Benoît XVI. Négliger le questionnement sur l'être de l'homme conduit inévitablement à refuser de rechercher la vérité objective sur l'être dans son intégralité et, de ce fait, à ne plus être capable de reconnaître le fondement sur lequel repose la dignité de l'homme, de tout homme, depuis la période embryonnaire jusqu'à sa mort naturelle ».

Le pape se réjouissait que le colloque ait permis aux participants de « faire l'expérience » que les sciences, la philosophie et la théologie « peuvent s'aider pour percevoir l'identité de l'homme, qui est toujours en devenir ».

L'homme, marqué par l'altérité 

Le pape résumait ainsi la démarche du congrès à partir d'une réflexion sur le patrimoine génétique : « À partir d'une interrogation sur le nouvel être issu de la fusion cellulaire, qui est porteur d'un patrimoine génétique nouveau et spécifique, vous avez fait apparaître des éléments essentiels du mystère de l'homme, marqué par l'altérité : être créé par Dieu, être à l'image de Dieu, être aimé fait pour aimer ».

Benoît XVI soulignait que « l'être humain n'est jamais clos sur lui-même », mais au contraire « toujours porteur d'altérité et il se trouve dès son origine en interaction avec d'autres êtres humains, comme nous le révèlent de plus en plus les sciences humaines ».

En même temps, le pape affirmait la liberté humaine en ces termes : « L'homme n'est pas le fruit du hasard, ni d'un faisceau de convergences, ni de déterminismes, ni d'interactions physico-chimiques; il est un être jouissant d'une liberté qui, tout en prenant en compte sa nature, transcende cette dernière et qui est le signe du mystère d'altérité qui l'habite. C'est dans cette perspective que le grand penseur Pascal disait que «l'homme passe infiniment l'homme». Cette liberté, qui est le propre de l'être-homme, fait que ce dernier peut orienter sa vie vers une fin, qu'il peut, par les actes qu'il pose, se diriger vers le bonheur auquel il est appelé pour l'éternité. Cette liberté fait apparaître que l'existence de l'homme a un sens. Dans l'exercice de son authentique liberté, la personne réalise sa vocation; elle s'accomplit; elle donne forme à son identité profonde. C'est aussi dans la mise en œuvre de sa liberté qu'elle exerce sa responsabilité propre sur ses actes. En ce sens, la dignité particulière de l'être humain est à la fois un don de Dieu et la promesse d'un avenir ».

Que la science ne devienne pas le critère du bien

Le pape abordait la question éthique en affirmant l'existence de la loi « naturelle » : « L'homme porte en lui une capacité spécifique : discerner ce qui est bon et bien ».

Il soulignait les implications pour notre époque en disant : « Il importe plus que jamais d'éduquer les consciences de nos contemporains, pour que la science ne devienne pas le critère du bien, et que l'homme soit respecté comme le centre de la création et qu'il ne soit pas l'objet de manipulations idéologiques, ni de décisions arbitraires ni non plus d'abus des plus forts sur les plus faibles. Autant de dangers dont nous avons pu connaître les manifestations au cours de l'histoire humaine, et en particulier au cours du vingtième siècle ».

L'amour fait sortir de soi

« Toute démarche scientifique doit aussi être une démarche d'amour, appelée à se mettre au service de l'homme et de l'humanité, et à apporter sa contribution à la construction de l'identité des personnes », a ajouté le pape en citant son encyclique « Deus caritas est » (n. 6), avant d'affirmer à nouveau : « L'amour fait sortir de soi pour découvrir et reconnaître l'autre; en ouvrant à l'altérité, il affermit aussi l'identité du sujet, car l'autre me révèle à moi-même ».

Le pape prenait l'exemple d'Abraham et l'accomplissement de cet amour dans le Christ., avant de conclure : « confiant vos recherches à l'intercession de saint Thomas d'Aquin, que l'Église honore en ce jour et qui demeure un «authentique modèle pour ceux qui recherchent la vérité» (Fides et ratio, n. 78), je vous assure de ma prière pour vous, pour vos familles et pour vos collaborateurs, et j'accorde à tous avec affection la Bénédiction apostolique ».

Anita S. Bourdin.

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27/01/2008

Saint Thomas d'Aquin, prêtre et docteur de l'Église.

 

 

2 S 5, 1-7.10 | Ps 88 (89), 20, 21-22, 25-26 | Mc 3, 22-30

Homélie

Le récit commence par mettre en scène la très forte disjonction entre les scribes et Jésus. Disjonction géographique d’abord : ces messieurs viennent de la Ville Sainte, ils sont montés en Galilée pour remettre les pendules à l’heure dans la province, en posant un discernement exclusif sur l’activité de ce Rabbi qui fait tant parler de lui : il ne serait qu’un suppôt de Satan, qui tire ses pouvoirs du pacte qu’il a scellé avec l’Ennemi de Dieu et du genre humain. En clair : Jésus est possédé ; « c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons » : Notre Seigneur est mis en conjonction avec Béelzéboul (littéralement : le « Maître de la maison » dont il sera question dans la seconde partie) et donc en disjonction avec le peuple de Dieu dont les chefs religieux ont la charge. Schématiquement nous aurions deux clans opposés et irréductiblement inconciliables : d’un côté Satan et son lieutenant, Jésus ; de l’autre Dieu et ses représentants, les scribes et autres chefs religieux.
Loin de se scandaliser et d’entrer dans la logique de l’affrontement imposée par ses adversaires, Jésus cherche tout au contraire à susciter une rencontre : il les invite même à prendre place au rang de disciples, qu’il avait « appelés près de lui » dans les mêmes termes (3, 13). Cet acte de bienveillance marque une transition au sein du récit ; le dialogue qui s’ouvre, va permettre au Seigneur de resituer les relations mutuelles entre les personnages introduits par les scribes : Dieu, Satan, Jésus lui-même et ses interlocuteurs.
Avec beaucoup de patience, notre Seigneur explique la contradiction interne de l’argumentation de ses accusateurs ; il a recours à la « maïeutique » socratique plutôt qu’à la pédagogie du Maître enseignant : il pose une question afin d’amener ses interlocuteurs à corriger eux-mêmes leur position et à « accoucher » de la vérité. Les paraboles pleines de bon sens de la famille et du Royaume divisés, invalident en effet la structure proposée par les scribes : si Jésus affronte les démons, il est impossible qu’il soit de leur parti ; si de plus il s’avère qu’il est plus fort qu’eux, il agit nécessairement au nom de Dieu, car Dieu seul peut maîtriser l’Ennemi.
Dès lors, la répartition des personnages s’annonce tout autre : selon la démonstration apportée par Jésus, il y aurait plutôt d’un côté Satan, en disjonction et même en opposition irréductible à Jésus - qui prouve par ses œuvres qu’il est en conjonction avec Dieu.
Les scribes sont non seulement invités à revoir leur position, mais le Seigneur les somme, avec délicatesse et fermeté, de choisir leur camp : s’ils veulent rester du côté de Dieu, non seulement ils devront s’accommoder de la présence de Jésus, mais ils devront même accepter de passer par lui, car lui seul peut « ligoter l’homme fort » qui tient le pouvoir dans leur maison et les délivrer de son emprise.
Etonnant renversement de situation : ceux qui accusaient Jésus de collaboration avec l’Ennemi, voire de possession, se voient dans l’obligation de vérifier de qui ils sont les vassaux ! Solennellement, Notre Seigneur renchérit : « Amen, je vous le dis : Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes » qui s’approchent de lui en son Fils Jésus ; mais il ne peut rien pour ceux qui refusent la médiation de celui qu’il a envoyé comme Sauveur. En s’obstinant à méconnaître l’oeuvre de « l’Esprit Saint » - c'est-à-dire l’Esprit de Dieu - en Jésus, et en l’accusant d’agir par « un esprit impur », ils s’excluent du salut que le Père leur offre gratuitement en son Fils.
Cet épisode nous fait accomplir une avancée significative dans la compréhension du salut apporté par Jésus : il s’agit d’une œuvre de libération des forces ténébreuses qui nous enferment dans la prison des accusations mensongères et nous empêchent ainsi d’accéder à la lumière.

« Seigneur, donne-nous d’entrer généreusement dans le combat quotidien pour la liberté. Ne permet pas que par jalousie, nous nous fassions les accusateurs de nos frères, tout en feignant prendre le parti de la justice. Apprends-nous à garder constamment ton Nom sur nos lèvres, et à accueillir par toi l’Esprit de vérité et de force, qui fait de nous des fils dans la Maison du Père. »


Père Joseph-Marie.

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23/01/2008

Saint François de Sales, un « maître spirituel pour tous »

Fête du saint patron de la presse catholique

ROME, Mercredi 23 janvier 2008 (ZENIT.org) - Saint François de Sales, saint patron de la presse catholique, et que l'on fête le 24 janvier, est aussi, souligne Benoît XVI, un « maître spirituel pour tous ».

Le pape s'est adressé, comme c'est la coutume, aux jeunes, aux malades, et aux jeunes mariés, à la fin de l'audience du mercredi, en leur proposant saint François de Sales, évêque de Genève - résidant à Annecy - et docteur de l'Eglise (+1621) comme Maître spirituel. « Comme le Bon Dieu est bon, puisque Monsieur de Genève est si bon », disait de lui en substance saint Vincent de Paul. Il était connu pour sa grande douceur, fruit d'un vrai travail sur lui-même.

Le pape a rendu cet hommage à saint François de Sales comme artisan de paix : « Nous célébrerons demain, a dit Benoît XVI, la mémoire liturgique de saint François de Sales, patron de la presse catholique. Evêque de Genève à une époque de graves conflits, il fut un homme de paix et de communion ».

Plus encore, le pape l'a proposé comme un « maître » : « Maître de vie spirituelle, il a enseigné que la perfection chrétienne est accessible à toute personne. Chers jeunes, chers malades, chers jeunes mariés, par l'intercession de saint François de Sales, vivez vous aussi votre vocation dans les situations concrètes dans lesquelles vous vous trouvez en vous remettant à l'amour de Dieu qui vous accompagne toujours ».

La béatification de saint François de Sales fut la première célébrée à Saint-Pierre de Rome, en 1662. Il fut canonisé trois ans plus tard. C'est en 1877 qu'il fut proclamé docteur de l'Eglise.

C'est le pape Pie XI qui, dans sa lettre apostolique du 26 janvier 1923, l'a déclaré patron de tous ceux qui « font connaître la sagesse chrétienne par l'écrit dans les journaux ou dans tout autre publication pour le grand public ».

Pie XI se référait aux « Controverses » dans lesquelles François de Sales argumentait avec autorité, mais avec modération et charité ».

Il lui arrivait de passer les Alpes pour un pèlerinage à pied dans tel ou tel sanctuaire italien, comme, en 1603, à celui de la Vierge de Vicoforte, près de Mondovi, où l'évêque l'accueillit en disant en latin - il jouait sur le nom de l'évêque de Genève et l'expression évangélique du « sel de la terre » - : « Tu vere sal es ». Une chapelle du sanctuaire italien rappelle cette visite.

Anita S. Bourdin.

 

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21/01/2008

LE SABBAT EST-IL FAIT POUR L'HOMME ?

« Le sabbat a été fait pour l’homme », pour qu’il puisse s’arracher au moins un jour par semaine, à la fascination du « faire », de l’efficacité, pour retrouver la joie simple de la relation gratuite aux autres, sous le regard du Dieu d’amour. Paradoxalement, c’est en se reposant que l’homme rejoint le comportement de Dieu : « Le septième jour, en effet, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il en fit un jour sacré parce que, ce jour-là, il s’était reposé de toute l’œuvre de la création qu’il avait faite » (Gn 2, 2-3). Un jour « sacré » c'est-à-dire un jour consacré à Dieu et au service de la charité ; un jour de réconciliation, de restauration de la communion dans l’amour. Et par le fait même : un jour de partage des biens de la terre, dans la joie et la paix.
La commensalité est par excellence le lieu de la célébration de l’amitié ; c’est pourquoi le repas familial a une place toute particulière au cœur du sabbat. La prière sur les offrandes prononcée par le prêtre au cours de l’Eucharistie, s’inspire de la bénédiction prononcée sur les aliments par le père de la famille juive : « Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, toi qui nous donne ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ». Nous rendons grâce à Dieu pour les dons qu’il nous fait à travers la fécondité de la nature et de nos efforts, et ainsi nous réorientons toute notre activité productrice de la semaine vers sa finalité véritable : le service de Dieu et sa louange.
Le sabbat atteint son but lorsqu’il débouche sur la communion de l’homme avec Dieu, qui l’a créé uniquement afin qu’il puisse entrer dans son repos, dans sa paix, sa joie et sa lumière. On comprend la mise au point de Jésus : « le sabbat est fait pour l’homme », pour que l’homme puisse atteindre sa finalité en Dieu. L’énoncé inverse - « l’homme est fait pour le sabbat » - trahit une religiosité formelle qui étouffe l’âme du précepte. Les « pains de l’offrande » n’étaient pas mangés par Dieu, mais par les prêtres qui les avaient offerts. Ce geste symbolique qui consistait à déposer des pains devant Dieu dans le Temple, était particulièrement significatif : l’homme reçoit du Seigneur ce dont il a besoin pour vivre ; les prêtres offrent à Dieu ces pains en signe de reconnaissance, après quoi ce sont eux qui les mangent, en tant que représentants du peuple - destinataire du don de Dieu.
Jésus cependant va plus loin encore lorsqu’il ajoute : « Le Fils de l’Homme est maître du sabbat ». L’Eucharistie révèle pleinement le sens de cette affirmation. Le prêtre offre le pain de l’offrande qui est pris sur les largesses de Dieu ; mais celui-ci ne nous le rend qu’après l’avoir transformé dans le Corps de son Fils : « Tu es bénis, Seigneur, Dieu de l’univers, toi qui nous donne ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra pour nous le Pain de la Vie ». Ce n’est plus simplement du pain que nous partageons dans l’action de grâce, au cours du repas convivial eucharistique dominical. Par notre communion à l’autel, nous devenons le Corps du Christ mort et ressuscité pour nous. Ce repas n’est plus simplement la préfiguration de la commensalité divine comme l’était le sabbat de la première Alliance. Il est actualisation du mystère pascal qui nous introduit réellement au « Festin de noces de l’Agneau », célébrées le premier jour de la semaine qui n’aura pas de fin.
Arrivé à ce point, nous devrions poursuivre notre méditation en relisant l’événement du jeudi saint. Au cours du seder - le repas du grand sabbat pascal - que Jésus célèbre avec ses disciples, nous découvrons que ce n’est pas l’homme qui offre à Dieu l’agneau de la Pâque, mais Dieu qui dans la personne de son Fils, nous offre « l’Agneau qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29) : « Prenez et mangez en tous : ceci est mon Corps, livré pour vous » (cf. 1 Co 11, 24). C’est ultimement dans la célébration de ce sabbat au cours duquel Jésus anticipe sa Passion, que Notre-Seigneur se révèle « Maître du sabbat », celui qui en révèle le sens et qui l’accomplit pour nous. C’est en effet par son sacrifice que nous sommes réconciliés avec Dieu et que nous pouvons entrer dans son repos.

« Seigneur Jésus, chaque fois que nous communions à ton Corps et à ton Sang, tu nous fais entrer dans le mystère de l’accomplissement du sabbat. Lorsque nous te mangeons, nous sommes incorporés en toi, notre Terre promise ; et tout en demeurant dans ce monde et dans ce temps qui passent, nous entrons déjà dans le repos éternel qui est notre patrie. Que cette perspective nourrisse notre espérance et nous donne de discerner les événements de notre vie présente à la lumière de cette Réalité à venir que nous pouvons déjà anticiper dans ce Banquet où toi, le Maître, tu te faits serviteur pour nous nourrir de ta vie. »


Père Joseph-Marie.

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