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30/04/2007

La victoire qu’il a remporté pour nous.

La résurrection est le signe d’une victoire éclatante, mais elle est aussi l’enjeu d’un combat. Il s’agit d’un combat d’arrière-garde puisque la vie a définitivement vaincu la mort, mais il nous implique tous et nous pose la question de notre accès au salut. Aussi, par ces deux courtes paraboles, Jésus nous instruit-il de la stratégie menée contre nous et des moyens de rester fermement établis dans la victoire du Christ.

La première histoire traite de la reconnaissance du bon berger par ses brebis. Qui est celui qui vient à elles ? Celui qui entre par des moyens détournés, celui qui n’emprunte pas le chemin le plus simple et le plus court, la porte, est un voleur et un bandit. Le critère est d’une redoutable simplicité et peut s’appliquer à tous les discernements du quotidien. Ce qui est simple et droit vient de Dieu. Si cela ne suffisait pas à nous rassurer, car ce qui est simple n’est pas toujours ce qui est évident, Jésus mentionne la présence d’un portier. Nous ne sommes pas seuls, il est là pour nous protéger. D’ailleurs le voleur le connaît et c’est lui qu’il essaie d’esquiver en empruntant les passages dérobés : il sait bien que le portier ne lui ouvrira pas.

Une première stratégie de l’Ennemi est ainsi dévoilée : il pousse à faire le mal. Il prétend pour cela entrer dans la bergerie par des moyens détournés et appeler les brebis à le suivre vers leur perte. Notre vigilance intérieure est donc nécessaire. Car il est un lieu dans notre cœur où la voix de notre Bon Berger résonne d’une manière particulière, familière et intime. Il nous faut donc discerner entre la voix qui nous invite vers des paradis prétendus magnifiques et faciles d’accès et la voix qui connaît notre nom et demande seulement qu’on la suive vers la maison du Père.

Dans la deuxième parabole, Jésus ne se présente plus comme le berger, mais comme la porte de la bergerie. Cette deuxième parabole développe et explique la première, qui n’a pas été comprise par les pharisiens. Elle présente encore des voleurs et des bandits, mais il n’est pas dit qu’ils aient essayé d’entrer. On sait seulement qu’ils ont parlé aux brebis puisque Jésus précise qu’elles ne les ont pas écoutés. L’enjeu est différent, la stratégie l’est donc aussi. La porte ouvre sur le chemin du bonheur, pour aller vers les pâturages et trouver le salut. Les voleurs se présentent alors pour dissuader les brebis d’emprunter la porte. Quand il ne pousse pas à faire le mal, l’Ennemi dissuade de faire le bien.

Jésus ne se contente pas de dévoiler les stratégies de l’Ennemi, il nous montre aussi comment nous en rendre victorieux : par l’attachement qui nous lie au Christ. Dans chacune de ces paraboles, le combat est remporté par le seul fait que les brebis connaissent la voix de leur Sauveur. Le Bon Berger les appelle chacune par son nom, il existe entre elles et lui une relation personnelle et intime, plus forte que toutes les sollicitations extérieures et malveillantes.

C’est donc en côtoyant le Ressuscité, en apprenant à le découvrir dans sa nouvelle modalité de présence dans notre quotidien, en apprenant à reconnaître sa voix que nous avons entendue en méditant la Parole, en apprenant à goûter la douceur de sa présence dans les sacrements, que nous vivrons pleinement de la vie qu’il nous a acquise, nous réjouissant, sur les pâturages où il nous conduit, de la victoire qu’il a remporté pour nous.


Frère Dominique.

10:07 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

27/04/2007

Jésus-Christ est le Bon Pasteur.

Nous nous tournons vers les païens.

C’est le commandement que le Seigneur

nous a donné."

Ac 5, 13, 14.43-52
"Et Dieu essuiera toute larme de leurs

 yeux."

Ap 7, 9.14-17
"Mes brebis écoutent ma voix ;

moi je les connais,

et elles me suivent." Jn 10, 27-30

 

Ce texte est peut-être le plus petit des Évangiles lu à la messe, mais il est paradoxalement celui qui rapporte la plus longue citation de Jésus, d’où sa densité. Jésus se présente comme le «Bon Pasteur», le vrai berger du troupeau. C’est lui qui assure protection, discernement pour les lieux de pâturage et qui prend soin des brebis malades : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle. » La guérison de toutes les guérisons, c’est d’être guéri de son attachement à la finitude – c'est-à-dire d’être accroché à des biens matériels ou d’être dépendant affectivement de personnes – pour découvrir l’amour sans limite de Dieu, et ainsi aimer "vraiment" mon prochain en Esprit et en Vérité. Dieu guérit notre cœur et nous assure la vraie vie : « Jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. » La vie éternelle, c’est de connaître l’origine de toute vie, c’est rencontrer notre Père à tous : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout. » Cet amour, seul Jésus-Christ nous le révèle :

« Le Père et moi, nous sommes UN. »

Demandons au Seigneur d’apprendre à écouter sa voix, c'est-à-dire sa Parole, de la laisser résonner dans notre cœur pour marcher à sa suite : faire le bien qui rend bon. Jésus nous montre le Père. Demandons aussi à Dieu la grâce d’être renouvelé dans l’image de la paternité. Prions pour nos parents.

 

 

Père Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006

09:25 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

25/04/2007

L’intelligence du don de Dieu.

La démarche de foi à laquelle notre Seigneur nous invite dans le discours du Pain de vie doit nous conduire à l’intelligence du don de Dieu. Dans les versets que la liturgie offre aujourd’hui à notre méditation, Jésus va aller jusqu’à l’extrême de la révélation du don en proposant son corps en nourriture.

Il commence d’abord par nous révéler que la vie éternelle dépend de la foi en ce qu’il est le Pain de vie : « Amen, Amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de vie. »

Pour expliciter ce que cela signifie, le Seigneur va alors confronter au pain de sa personne la manne mangée par les Pères au désert. La manne ne procura pas l’immortalité parce que tous dans le désert moururent, y compris Moïse, mais qui le mange, lui le Christ, ne mourra jamais : « Au désert, vos Pères ont mangé la manne et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas ». Nous comprenons alors que cette foi en ce que le Verbe de Dieu fait chair est le Pain de vie consiste dans le fait de l’écouter et de le manger, lui, le pain céleste qui fait vivre éternellement.

L’action de manger indique l’intériorisation de la parole du Fils de Dieu et l’assimilation de sa personne dans une vie de foi très profonde. Manger le pain vivant qui est Jésus signifie faire sien la vérité du Christ, mieux la personne même du Christ qui est la vérité, c’est-à-dire la révélation pleine et parfaite du Père.

Au verset 51, Jésus ajoute un nouvel élément : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Le pain de la vie c’est la chair de Jésus pour la vie du monde. Le pain du ciel c’est sa chair, c’est-à-dire sa personne sacrifiée dans sa passion et sur la croix pour le salut de l’humanité. Il y a donc une continuité entre l’incarnation, la mort sur la croix et le sacrement eucharistique.
Communier dans l’Eucharistie au corps du Christ c’est donc se laisser rendre présent au pied de la Croix où Jésus donna sa chair pour le salut du monde. Dans ce mouvement, la foi est essentielle puisque c’est elle seule qui nous permet de lever la contradiction apparente entre le fait de donner sa chair (c’est-à-dire mourir) et le fait de porter en cela la vie à l’humanité. Seule la foi peut nous faire percevoir cet extrême de la révélation du don de Dieu dans le sacrifice du Christ sur la Croix.

« Seigneur, Jésus, en livrant ton corps pour nous au Père sur la Croix, tu as été rempli de sa vie et dans l’eau et le sang jailli de ton côté, tu nous l’as communiquée. A chaque Eucharistie, dans la lumière de ta résurrection et dans la force de ton Esprit, tu nous attires au pied de ta Croix. Donne-nous alors, à l’image de Marie ta mère et de Jean ton disciple bien-aimé, la grâce d’accueillir avec la même foi ce mystère de notre salut. »

Frère Elie.

21:27 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

20/04/2007

L’apparition au bord du lac et la tâche pastorale de Pierre.

"Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes."

 Ac 5, 27-32.40-41
"Lui, l’Agneau immolé, il est digne de recevoir

 puissance et richesse, sagesse et force,

honneur, gloire et bénédiction." Ap 5, 11-14
"Sois le berger de mes brebis" Jn 21, 1-19

 

Jésus apparaît à ses disciples au bord du lac de Tibériade pendant qu’ils pêchent et il leur dit : «Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez. » Faisant confiance, ils jettent leur filet et la pêche est miraculeuse. C’est à ce moment-là qu’ils reconnaissent que cet homme, comme l’exprime Jean, « c’est le Seigneur ». La scène se centre ensuite sur la relation entre Jésus et Simon-Pierre qui n’ose pas lui demander son identité. Les « cent cinquante-trois poissons » pêchés sont comme l’arrière-plan théologique de ce qui va se passer. Par trois fois, Jésus demande à Pierre s’il l’aime : «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » À chaque fois, la réponse est positive : «Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime.» L’évangéliste Jean fait une distinction importante dans l’utilisation des termes : à l’amour d’amitié succède l’amour d’agapé, l’amour gratuit utilisé pour qualifier l’amour divin. C’est en raison de cet amour divin que Pierre va recevoir sa mission : «Sois le berger de mes brebis.» Les cent cinquante-trois poissons renvoient au monde connu de l’époque. Pierre est donc chargé d’aller annoncer la bonne nouvelle à toute la terre. Pour ce faire, il devra se laisser faire pour aller là « où il ne voudrait pas aller ».

Jésus nous demande également si nous l’aimons. Quelle sera notre réponse ? Prenons le temps, en ce dimanche ou tout au long de la semaine, de nous tourner vers Dieu dans le silence de la prière et de lui répondre sincèrement. De même, demandons-lui la grâce de connaître Son amour : un amour divin, gratuit.

 

 

Père Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006

22:13 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

Dieu agit en personne.

La scène est un peu déroutante. Elle se passe de nuit, temps favorable à la révélation chez saint Jean. Les disciples ont à traverser la mer, pour rejoindre l’autre rive. La mer ne représente donc qu’une étape, un chemin à emprunter.

Certes, la tempête fait rage, ce qui est toujours un phénomène impressionnant. Mais les disciples en ont vu d’autres ; ils sont de bons navigateurs, ils sauront rejoindre leur but à bon port. La peur qu’ils éprouvent ne vient pas du vent ni des vagues. Ils ont peur parce qu’ils voient, tâche lumineuse sur un écran obscur et agité, Jésus, marchant à leur rencontre.

Tous les regards convergent en effet vers la personne de Jésus. Les eaux démontées ne sont pas un adversaire dont il faudrait venir à bout. Comme jadis dans le livre de l’Exode, elles ne sont qu’un chemin par lequel Dieu nous conduit. Aujourd’hui, celui qui guide le voyage est Jésus, le nouveau Moïse. Grâce à lui, l’eau qui sépare les deux rives devient le chemin qui réunit, qui mène à la vraie vie. Voilà le grand passage, la nouvelle Pâque qui s’accomplit. Par ce signe Jésus nous révèle que Dieu agit en personne. Les disciples l’ont bien compris, la crainte qu’ils éprouvent en est la preuve.

La révélation culmine dans la parole de Jésus. En effet, quand Dieu dévoile sa présence, il bannit toute peur. Et dans le « c’est moi », Jésus prononce le « Je suis » divin. Jésus est à la fois le nouveau Moïse et Dieu lui-même.

Si jamais la Pâque avait à nos yeux l’image d’un clivage entre deux Jésus différents, le Jésus charnel proche de nous et le Jésus glorieux déjà près du Père, entre l’homme extraordinaire et le Dieu unique, cet épisode nous rappelle que Jésus n’a jamais cessé d’être pleinement homme et pleinement Dieu. C’est ce que reconnaissent les disciples quand ils veulent le prendre avec eux dans la barque, dans un geste de coopération confiante. Ils demandent à Dieu qui montre le chemin de partager leur route.

C’est alors que la barque touche terre. On s’attendait à ce qu’il reste du chemin, mais il n’y en a plus à parcourir. Ainsi en va-t-il lorsque nous reconnaissons la présence du Ressuscité dans nos vies. Une fois que nous lâchons prise et que nous laissons le don de sa paix porter son fruit de confiance et d’abandon, la terre ferme prend la place de la mer démontée. Vouloir prendre Jésus dans notre barque, c’est lui demander d’établir en nous son règne de paix. Parvenir à demander à Jésus d’être le capitaine de nos vies est faire entièrement le voyage de la foi.

Seigneur Jésus, garde nos yeux fixés sur toi. Que la douceur de ta présence illumine la nuit de nos peurs et nous donne d’avancer fermement sur le chemin de la foi, dans la force de la résurrection.


Frère Dominique.

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19/04/2007

IL EST PASSÉ DE L'AUTRE CÔTÉ.

Jésus est « passé de l’autre côté » de la mer : il a accompli sa Pâque ; il a accosté sur l’autre rivage, le rivage de la vie définitive. C’est de là qu’il nous fait signe, qu’il nous appelle, comme il appelait ses apôtres quelques jours après sa résurrection : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » (Jn 21, 5). Notre-Seigneur ressuscité est comme le phare dans la nuit, qui nous conduit au bon port ; à condition bien sûr que nous fixions nos regards sur lui, que nous nous laissions attirer par lui, que sa Parole soit « la lumière de nos pas, la lampe de notre route » (Ps 118, 105).
L’Église est le peuple rassemblé par la Parole de Dieu, qui chemine, sous la conduite de cette Parole, jusqu’aux demeures éternelles où son Seigneur l’a précédé afin de lui préparer une place (cf. Jn 14, 2). Pourtant, alors qu’elle est encore en chemin, elle peut quotidiennement anticiper le terme du voyage : dans chaque Eucharistie, son Époux vient au-devant d’elle et anticipe la rencontre eschatologique. Le temps de la célébration, nous participons déjà aux noces éternelles sur l’autre rivage, où nous accosterons bientôt. Comme la foule de l’Évangile de ce jour, nous gagnons la montagne - lieu de la révélation divine - et nous écoutons le Maître qui nous enseigne - la position assise est celle de l’enseignant - au cours de la liturgie de la Parole.
« Jésus leva le regard et vit qu’une foule nombreuse venait à lui » : du haut de la Croix, Jésus a vu venir à lui les générations de croyants, venant de tous les horizons pour s’abreuver aux sources vives du salut. C’est pour que cette foule innombrable « ne défaille pas en route » (Mc 8, 3) et puisse bénéficier de la grâce de la Rédemption en consommant le véritable Agneau pascal, que Notre-Seigneur a institué l’Eucharistie. Cette manne céleste qui nourrit pour la vie éternelle (cf. Jn 6, 51) n’est pas un pain terrestre que nous pourrions acheter avec le salaire de notre travail : ici bas, nous travaillons « pour la nourriture qui se perd », alors que « le Fils de l’Homme nous donne la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle » (Jn 6, 27). Hélas, nous ne ressentons pas vraiment la faim d’un tel aliment ; aussi nous contentons-nous de nous rassasier de nos « cinq pains d’orge et de nos deux poissons », en oubliant que nous avons à sustenter une vie bien plus importante, qui a défaut de nourriture adéquate, risque fort de s’étioler et de mourir.
Lorsque Jésus exhorte les Juifs - et nous à travers eux - à « travailler pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle », ceux-ci lui demandent : « “Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?” Jésus leur répondit : “L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé” » (Jn 6, 27-29). C'est-à-dire que nous nous unissions à la personne du Christ par un amour sincère ; que nous adhérions à lui dans une confiance sans borne. Concrètement, que nous mettions en pratique le précepte de l’Apôtre : « Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit au nom du Seigneur Jésus-Christ, offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3, 17). Tel est le sens des offrandes que nous présentons à Dieu au cours de la célébration eucharistique : avec ce pauvre pain que nous lui offrons, c’est toute notre vie que nous élevons vers le Père, pour qu’elle soit purifiée, transformée, sanctifiée par l’action de l’Esprit et qu’elle devienne, par le Christ, avec le Christ, et en lui, un « sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c’est là pour nous l’adoration véritable » (Rm 12, 1). A ce propos, le pape Benoît XVI souligne dans sa récente Exhortation apostolique post-synodale sur l’Eucharistie que : « L'offrande de notre vie, la communion avec toute la communauté des croyants et la solidarité avec tout homme sont des aspects inséparables de la “logiké latreía”, du culte spirituel, saint et agréable à Dieu (cf. Rm 12, 1), dans lequel toute notre réalité humaine concrète est transformée pour la gloire de Dieu » (Sacramentum caritatis, 94). Puissions entendre cet appel et « montrer par notre vie eucharistique la splendeur et la beauté de notre appartenance totale au Seigneur » (Ibid.).

« Marie très sainte, Vierge immaculée, arche de l'alliance nouvelle et éternelle, accompagne-nous sur ce chemin de la rencontre avec le Seigneur qui vient. Tu es la “Tota pulchra”, la Toute-belle, puisqu’en toi resplendit la splendeur de la gloire de Dieu. En toi l'Église contemple la “Femme eucharistique”, son icône la mieux réussie ; et elle te contemple comme modèle irremplaçable de vie eucharistique. Apprends-nous à devenir nous-mêmes des personnes eucharistiques et ecclésiales, pour pouvoir nous aussi, selon la parole de saint Paul, nous présenter “sans tache” devant le Seigneur, selon son éternel dessein d’amour sur nous (cf. Col 1, 21; Ep 1, 4) » (d’après Sacramentum caritatis, 96).


Père Joseph-Marie.

17:29 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

17/04/2007

Qu’est ce que croire ?

Qu’est ce que croire ? C’est nous approprier le don du Père, qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » ; et nous l’approprier au point de vivre de la vie même de ce Fils.
Mais on ne s’approprie pas une personne comme un objet : il s’agit d’entrer avec l’Envoyé du Père dans une relation qui permette cette osmose de la vie divine. Or ce n’est qu’au sein d’une communion d’amour que cet échange peut se faire. Ce qui suppose que nous entrions dans la réciprocité du don : de même que Jésus s’est livré pour tous et à chacun de nous en particulier, ainsi nous aussi nous sommes invités à nous livrer au Christ et à chacun de nos frères.
Le croyant ne s’appartient plus : de tout son être il s’est donné une fois pour toutes à celui qui s’est livré pour lui et qui continue à se livrer à lui dans chaque Eucharistie.
« Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » : les verbes sont au futur. Celui qui croit « ne périra pas » lorsque la mort naturelle aura fait son œuvre, mais il recevra le don ineffable de la vie divine et entrera dans l’immortalité. Nous pourrions objecter : cette vie, ne l’avons-nous pas déjà reçue au jour de notre baptême ? Certes, mais il faut distinguer entre la grâce et la gloire : nous avons reçu la grâce, c'est-à-dire l’inhabitation de l’Esprit Saint. C’est en effet à l’Esprit que revient la mission de nous introduire « dans la vérité toute entière » (Jn 16, 13), c'est-à-dire dans la plénitude de notre destinée. Le Seigneur nous donne sa grâce pour nous conduire jusqu’en sa gloire : « lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 28).
Tel est le salut que Dieu offre à ses enfants, gratuitement, sans aucun mérite de leur part. Comme son amour n’est pas conditionné par nos mérites, nous ne pouvons fort heureusement pas démériter. La seule manière de nous exclure du salut qu’il nous offre, c’est de le refuser consciemment et délibérément. Auquel cas nous nous jugeons nous-mêmes et nous nous con-damnons - nous nous plaçons avec les « damnés », c'est-à-dire avec ceux qui sont privés de la gloire de Dieu.
Il s’agit bien d’un choix personnel par lequel nous « préférons les ténèbres à la lumière, parce que nos œuvres sont mauvaises ». Cela peut sembler difficile à imaginer que l’on puisse refuser délibérément « la lumière venue en ce monde », alors que cette lumière donne part à la vie éternelle. Mais l’accueil de ce don suppose que nous nous laissions envahir par la lumière du Verbe, c'est-à-dire que nous consentions à la vérité de sa Parole et à la seigneurie de son Esprit. Or il n’est pas facile de renoncer à l’illusion de l’autonomie absolue, voire à nos rêves de toute-puissance.
Pourtant ce n’est que dans la mesure de ce consentement que nous accédons à notre humanité véritable. Créés à l’image du Dieu d’amour, nous ne serons vraiment nous-mêmes que dans la mesure où nous adopterons la ressemblance du Fils en agissant « selon la vérité » qu’il nous a révélée. Alors - et alors seulement - nous serons « dans la lumière », et « nos œuvres seront reconnues comme des œuvres de Dieu », accomplies dans l’Esprit.

« Seigneur, accorde-nous de prendre conscience de l’enjeu de notre vie : décider de notre destinée éternelle en choisissant entre la lumière et les ténèbres. Hélas, l’égoïsme nous tient dans ses filets, l’individualisme nous aveugle, et l’inertie de la chair nous rive à la terre. Dans ta grande miséricorde, envoie jusqu’à nous ton Ange, qu’il “ouvre les portes de nos prisons” intérieures, qu’il nous en fasse sortir et nous aide à “nous tenir dans le Temple” (1ère lect.) de notre cœur, afin d’y entendre tes paroles de vie et de les annoncer par une existence transfigurée. »


Père Joseph-Marie.

20:22 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

13/04/2007

L’incrédulité de Thomas.

Et tous, ils étaient guéris." Ac 5, 12-16
"Je suis le Premier, le Dernier, le Vivant."

 Ap 1, 9-13.17-19
"Heureux ceux qui croient sans avoir vu"

Jn 20, 19-31

 

Le dimanche de la Miséricorde qui suit celui de Pâques vient comme sceller de manière liturgique le temps pascal. Dieu est mort et ressuscité afin que les hommes connaissent l’amour divin. Comment ? Par le don de la foi et par les signes de guérison dont témoignent les disciples. Thomas reste quant à lui incrédule, il refuse de croire tant qu’il ne mettra pas ses doigts dans les plaies du Christ. En réponse à ce comportement, la parole de Jésus se fait directe, incisive : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Le fruit de cette foi simple est la joie : la joie pascale qui remplit la vie chrétienne et que la liturgie a fêtée durant cet octave. Dieu donne sa présence et son amour à tous ceux qui croient simplement que le Christ est Seigneur et qu’il est mort pour chacun de nous : dans sa Résurrection, il a envahi l’univers de sa présence d’Amour. Le Verbe s’est fait chair pour que définitivement, dans la Victoire de Pâques, tous les hommes soient incorporés à sa vie, inclus en lui, afin de pouvoir partager avec lui la joie d’être auprès du Père. C’est pourquoi le Seigneur nous «donne sa paix», lui qui salue les disciples en leur disant par trois fois : «La paix soit avec vous.»

Être incrédule, ne pas vouloir croire, c’est refuser d’expérimenter l’Amour de Dieu, c’est dès lors refuser de vivre dans la paix. Demandons au Seigneur la grâce de demeurer dans sa paix et de croire que sa présence guérit nos doutes, notamment sur le sens ultime de la vie.

 

 

Père Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur du livre : La parole, don de Vie, EDB, 2006

 

22:04 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

12/04/2007

LA CONVERSION SOCIALE.

Les chrétiens se voient confrontés au péché social et structurel de l'oppression et de l'injustice infligées aux masses.
Il s'agit du péché qui de situe dans les institutions et les structures de la société, et qui conduit les personnes et les groupes à avoir des comportements en contradiction avec le projet de Dieu.
Précisons ici que les structures ne sont pas des choses mais des modes de relation entre les choses et les personnes qui ont affaire à elles. Vouloir surmonter le péché social suppose que l'on s'attache à changer les structures afin qu'elles produisent en fonctionnant plus de justice et de participation.
La conversion évangélique réclame plus qu'un changement de coeur ; elle exige aussi un changement de l'organisation sociale qui provoque indéfiniment des comportements de péché. Cette conversion sociale se traduit par une lutte sociale transformatrice, et elle s'appuie sur des stratégies et des tactiques susceptibles d'ouvrir la voie aux modifications nécessaires. Au péché social il faut opposer la grâce sociale, fruit du don de Dieu et de l'activité de l'homme inspiré par Dieu. La charité comme mode d'être-aux-autres gardera toujours toute sa valeur. Mais, dans une perspective sociale, aimer signifie participer à la création de nouvelles structures, soutenir celles qui représentent une avancée pour obtenir une meilleure qualité de vie, et bien se situer dans le domaine politique à la lumière de l'option solidaire pour les pauvres. Jésus a donné l'exemple : il peut y avoir compatibilité entre l'Amour pour les personnes et l'opposition à leurs attitudes.
Il s'agit d'aimer toujours les personnes et dans n'importe quelle condition, mais de combattre les attitudes et les systèmes qui ne s'accordent pas avec les critères éthiques du message de Jésus.
La paix et la réconciliation sociales ne seront possibles que dans la mesure où auront été surmontés les motifs réels qui distillent en permanence les conflits : les relations inégales et injustes entre le capital et le travail, les discriminations entre les races, les cultures et le sexes. Ainsi, aimer sans haïr, lutter pour le triomphe de la juste cause sans céder au leurre des émotions, tout en respectant la diversité des opinions, en relativisant ses propres positions et en sauvegardant l'unité de la communauté, tels sont les défis concrets qui sont proposés à la sainteté des chrétiens libérateurs.

BRUNO LEROY.

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11/04/2007

LA MORT N'AURA PLUS JAMAIS LE DERNIER MOT.

Foi, espérance, charité, justice sociale sont les attitudes fondamentales qui articulent la vie des chrétiens, leurs relations à Dieu et aux autres hommes. Elles sont la marque de la nouvelle alliance au nom du Dieu de Jésus-Christ, instaurée le jour de la Pâque.

La vie dans l’alliance est une manière de marcher et de se frayer un chemin dans l’existence. Il est le chemin qui conduit à faire la vérité, à perdre sa vie et à la recevoir en retour comme lui-même a perdu la sienne et l’a reçue en retour luxueusement de son Père. La vie dans l’alliance imprime donc à l’existence un mouvement qui la porte constamment vers l’avant, de commencement en commencement, sans fixation ni nostalgie. Elle est donc passage, traversée, exode : travail de la vie à travers la mort, car il n’est pas de traversée sans abandon.

Aussi bien la vie dans l’alliance permet-elle d’affronter la mort sans dépit car, il y a identité entre l’amour et le mystère pascal. Étant donné la charité, la mort n’est plus vécue comme ce qui entraîne à la désespérance, mais comme l’occasion de donner sa vie comme on l’a reçue, gratuitement, ou, en d’autres termes, de se rendre dans un geste d’abandon. L’espérance chrétienne est la capacité de vivre dans le temps, de vieillir et même de mourir sans nostalgie. Car le Dieu auquel on accorde sa Foi grâce au témoignage de ceux qui nous ont précédés est aussi le Dieu qui vient, que l’on cherche et que l’on attend ; Dieu vient aussi de l’avenir. La Foi en Dieu qui aime et que l’on aime, est ainsi inséparable de l’espérance.

Cette espérance est sans mesure. Car le monde qui vient, même si Jésus nous le laisse entrevoir dans ses paraboles du Royaume, excède toutes nos représentations. Le don de Dieu à venir dépasse tout ce que nous pouvons imaginer à partir de notre expérience présente. Aussi l’espérance est-elle l’acte même d’espérer sans autre assurance que la relation à Dieu qui donne la Vie et auquel on se rend sans réserve.

Foi, espérance, charité, justice sociale sont donc les attitudes fondamentales qui articulent la vie des chrétiens, leurs relations à Dieu et aux autres hommes. Elles sont la marque de la nouvelle alliance au nom du Dieu de Jésus-Christ, instaurée le jour de la Pâque. Chacun et chacune s’y trouve convié gratuitement. La crucifixion du Christ est également cette puissante libération de l’esclavage de la peur de la mort que peuvent éprouver les hommes. Car la résurrection est la seule conclusion face au monde clos de notre finitude, elle ouvre la porte vers une vie nouvelle, une Alliance nouvelle, celle d’un amour vécu en actes au quotidien dans une Joie parfaite. La Joie des ressuscités en Christ et qui propagent à travers le monde cette conviction que même la mort n’a jamais le dernier mot, lorsque nous sommes des hommes d’espérance et de confiance en cette Pâque qui est la preuve que l’amour consiste à donner sa vie pour ceux qu’on aime car, l’amour bannit toutes craintes et nous rend audacieux par-delà la pure raison.

 Cette pseudo-raison qui masque subtilement la peur qui n’est que lâcheté de ne jamais risquer sa vie au nom d’un absolu.

Bruno LEROY.

10:55 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans BRIBES THÉOLOGIQUES. | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christianisme, foi, spiritualite-de-la-liberation, action-sociale-chretienne, spiritualite |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |