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25/01/2011

Être clandestin aux États-Unis.

Par Vanessa Gondouin-Haustein

Grâce à ses papiers, ce migrant a pu ouvrir un commerce dans le quartier de Staten Island à New York.  Copyright : Zoltan Babo Malgré les politiques de quotas, la répression liée aux suites du 11 septembre et l’inaction de Barack Obama, les immigrés illégaux ont plus de facilités pour vivre et travailler aux États-Unis que dans certains pays d’Europe. Originaires du Mexique, d’Afrique ou d’Europe de l’Est, de nombreux migrants arrivent chaque année pour fuir la pauvreté.  
La silhouette d’Ali * se dessine dans l’encoignure de la porte arriè­re de l’épicerie « C’est bon chez convé­nience », à Staten Island, face à Manhattan. Son collègue Ahmed * trépigne. Il est midi passé et l’homme attend pour aller se coucher. Son service de douze heures s’est achevé il y a une vingtaine de minutes et le sommeil le tiraille. Originaire du Yémen, Ahmed est arrivé aux États-Unis il y a un peu plus de cinq ans.

RÊVE AMÉRICAIN


Au début, il est venu comme beaucoup d’immigrés avec un visa de trois mois, juste le temps de se faire un peu d’argent. Puis les mois et les saisons ont passé et Ahmed est resté. Son visa ayant expiré, l’homme est aujourd’hui considéré comme un immigrant illégal.

« La notion de rêve américain fascine les étrangers dont le niveau de vie dans leur pays est relativement faible, analyse James Griffin, professeur de droit à l’Université du Michigan aux États-Unis. Tout le monde peut travailler, avec ou sans papiers. Les salaires sont souvent bien supérieurs à ceux que ces hommes pourraient gagner chez eux. »

Impatient de gagner son lit, Ahmed échange brièvement quelques mots avec son compatriote avant de lui remettre les clés de la caisse. Enfin seul, Ali tourne machinalement le bouton de la radio Al-Jazeerah et sourit.

Derrière une apparence sereine, certaines blessures du passé ne semblent pas cicatrisées. « À Sana’a, au Yémen, la vie était difficile. Nous vivions dans une petite maison avec mes parents, ma femme et mes neuf enfants. Mon maigre salaire ne me permettait pas de tous les nourrir, explique-t-il. Grâce à l’argent que je gagne ici, mes enfants peuvent désormais aller à l’école et ma famille a pu déménager dans une maison plus grande. »

Ahmed et Ali cohabitent dans une petite piè­ce, sans confort ni sanitaires, à l’arrière du ma­gasin. Le patron, « un Égyp­tien honnête », comme le définit Ali, prélève aux deux hommes 100 dollars par semaine sur leur salaire pour le loyer.

« Cette situation est provisoire, assure Ali qui tente lui-même de se convaincre. Nous allons très vite repartir. » En attendant ce jour, les deux hommes travaillent dou­ze heures par jour, sept jours par se­mai­ne, sans repos, ni congés pour 2 000 dollars à la fin du mois. Ils vivent sobrement, pas ou peu de sorties, à l’exception de quelques compatriotes avec lesquels ils se retrouvent pour fumer.

César *, un jeune Mexicain de 27 ans, est arrivé aux États-Unis il y a six ans. Extrêmement méfiant, le jeune homme ne s’étend guère sur sa situation de clandestin ( il ne possède aucun permis d’entrée ). Intendant dans un immeuble, il travaille six jours et demi par semaine, entre dix et douze heures par jour.

Il occupe une petite chambre sans fenêtre dans le sous-sol de l’immeuble et sous-loue son lit à Iban*, un jeune cubain qui travaille la nuit dans un restaurant. La salle-de-bain et la cuisine sont sur le palier. César envisage de se marier pour obtenir des papiers. Un mariage blanc qui n’est pas du goût de ses parents restés au Mexique.

« C’est une fille de ma communauté. Elle est très belle, mais elle ne veut pas réellement de moi. Elle fait cela pour l’argent », raconte César un brin complexé. Sa mère lui a défendu d’épouser cette femme qu’elle qualifie de « prostituée ». Tiraillé entre la nécessité de régulariser sa situation et la volonté familiale, le jeune homme ne veut pas être puni par « le Dieu de ses parents », celui qui a, selon lui, protégé sa vie jusque-là.

À l’âge de 21 ans, César a franchi, à pied et de nuit, la frontière qui sépare son pays des États-Unis. « Dieu m’a protégé, confie-t-il. Il m’a permis d’arriver ici et de trouver un travail pour nourrir ma famille. Je crois qu’il est là pour les clandestins. »

Anita * n’a pas eu la chance de César. La jeune femme a été arrêtée, en août dernier, au volant de son véhicule dans la banlieue de Washington. Originaire du Mexique, elle est arrivée avec ses parents à l’âge de cinq ans. Âgée aujourd’hui de 27 ans, elle ne se souvient ni de son pays, ni de sa langue maternelle qu’elle refusait de parler avec ses parents.

Diplômée de sociologie et extrêmement impliquée dans l’église catholique de Washington, Anita a ouvert, il y a quelques mois et avec l’appui de sa paroisse, un centre d’aide chrétien pour les illégaux. « Qu’elles soient catholiques ou protestantes, les Églises soutiennent les étrangers sans papiers, explique James Griffin. Outre les besoins de première nécessité, beaucoup d’églises mettent à la disposition des illégaux des logements et des services d’assistance juridique. »

MOBILISATION

Après l’arrestation d’Ani­ta et sa condamnation à quitter le territoire trois mois plus tard, plusieurs églises de Washington et de New York (où la jeune femme travaillait deux jours par semaine) se sont mobilisées pour lui venir en aide. « Malgré toutes nos prières et les appels répétés de l’Égli­se et de ses membres aux autorités locales, Anita a quitté le territoire fin octobre », précise Marie *.

Les deux femmes se sont rencontrées lors d’un week-end spirituel dans le Nord de l’État de New York. « L’Église perd un membre actif et notre communauté une amie de foi, témoigne Marie. Lors de notre dernier échange par mails, Anita me faisait part de sa difficulté à vivre dans un pays qu’elle ne connaissait pas. Elle me disait qu’elle ne se sentait pas prête à tout reconstruire. Mais c’est une jeune fille intelligente et extrêmement forte et toutes nos prières l’accompagnent. »

Éva Patterson est depuis dix ans avocate spécialiste des questions d’immigration. Elle dénonce l’échec des pouvoirs publics face aux sans-papiers. « La plupart des immigrés travaillent et sont pleinement intégrés dans la société américaine », précise-t-elle.

Il y a quelques mois, elle a sauvé Lejla, une jeune femme de 34 ans originaire de Bosnie, qui est arrivée aux États-Unis avant les attentats du 11 septembre 2001. « J’étais venue ici pour travailler et étudier, devenir un jour avocate », raconte Lejla.

Son rêve a viré au cauchemar lorsque faute de papiers la jeune fille a opté pour un mariage blanc. « Beaucoup de personnes ont recours à ce type de contrat, précise l’avocate. Moyennant une importante somme d’argent, les étrangers sans papiers obtiennent à l’issue de leur union et dans un délai allant de un à cinq ans, une carte de ré­sident permanent. Ça ressemble un peu au film Green Card avec Gérard Depardieu et Andie MacDowell, sauf que ça ne finit pas toujours aussi bien. »

MARIAGE BLANC

Lejla s’est mariée en 2006 en échange de 15 000 dollars. Au début, tout se passait bien. En compa­gnie de sa jeune épou­se, le faux mari américain se rendait au tribunal une fois tous les deux mois pour son rendez-vous avec la juge chargée des questions d’immigration.

« Chacun vivait de son côté et tout allait bien », raconte-t-elle. Toutefois, « après deux ans de procédure, face à la lenteur bureaucratique et aux questions souvent soupçonneuses de la juge, mon faux mari a commencé à s’impatienter, puis à paniquer. Il me réclamait plus d’argent, beaucoup plus d’argent. »

Lejla, alors standardiste dans une agence d’assurance, a multiplié les petits boulots le soir et le matin. « Ne pouvant plus payer, il a commencé à être violent, très violent… » Les sanglots étouffent la voix de Lejla. Son avocate poursuit le récit. « Lorsqu’il a commencé à l’agresser sexuellement, Lejla a fini par se rendre à la police. Malgré les menaces répétées de son mari qui lui disait qu’elle irait à Guantanamo, à cause de sa foi musulmane, Lejla n’a pas cédé. Elle a été très courageuse. Dans ce pays, beaucoup trop de personnes jouent avec la peur des immigrants illégaux. »

Éva Patterson regrette que malgré ses promesses, Barack Obama tarde à s’atteler à ce dossier (Lire ici). « Les mariages blancs sont extrêmement dangereux. Personne ne connaît les réelles raisons qui poussent un citoyen américain à se marier avec des étrangers sans papiers », précise l’avocate qui réclame une loi pour protéger les immigrés sans papiers. Lejla, qui possède des papiers en règle, envisage de devenir avocate comme celle qui lui a « redonné le sourire ».

Éva Patterson est arrivée de Hongrie à l’âge de 20 ans. Elle aussi, elle a choisi de se marier pour pouvoir étudier et obtenir des papiers. Il y a quelques mois, elle a succombé au charme d’Alejandre *, un Kosovar de 45 ans.

« Il est venu me demander de l’aide. Il m’a raconté sa vie, ses parents malades, son statut de médecin à Pristina, puis la guerre et sa fuite aux États-Unis. Il est ici depuis dix-sept ans, je n’ai pourtant rien pu faire pour lui. Avant les attentats du 11 septembre, certains illégaux obtenaient des permis de séjour après avoir passé dix ans illégalement sur le sol américain. Aujourd’hui les lois se sont durcies », explique-t-elle.

Alejandre travaille la nuit comme garde malade dans un grand hôpital new yorkais et le jour comme chauffeur de taxi. Il dort peu, économise tout son argent qu’il envoie à ses parents et rêve du jour où il n’aura plus besoin de se cacher pour éviter les contrôles d’identité.

Il y a quelques se­maines, Alejandre a appris que sa mère était mourante. Il a décidé de quitter les États-Unis pour tenir, une dernière fois dans ses bras celle qui lui a donné la vie. Malgré l’amour qu’elle porte à cet homme, Eva a refusé de le suivre. « J’ai tout sacrifié pour en arriver là où je suis aujourd’hui. Je ne me suis pas sentie prête. Alejandre est parti et il lui est interdit de revenir sur le territoire américain pendant les dix prochaines années », conclut celle qui envisage de tout quitter pour le retrouver.

Comme beaucoup d’hommes originaires du Moyen-Orient, Hassan * travaille pour une épicerie dans un quartier de Brooklyn. Âgé d’une quarantaine d’années, l’homme se définit comme apatride.

« Je suis Palestinien, né sans terre, ni nationalité. J’ai grandi dans un camp de réfugiés en Jordanie. J’ai passé mon enfance dans cet endroit tenu par l’ONU, j’y ai rencontré mon épouse et nous avons eu cinq enfants. Il fallait des papiers pour entrer et sortir et des autorisations pour obtenir des aliments », confie l’homme.

Il y a cinq ans, Hassan a choisi de quitter son pays et sa famille pour venir s’installer clandestinement aux États-Unis. Arrivé légalement avec un visa de six mois, il n’est jamais reparti. « J’ai préféré l’illégalité américaine à la vie forcée qui se jouait dans les camps », avoue-t-il, arborant un sourire malgré les difficultés.

ASILE

Hassan travaille quatorze heures par jour pour quatre cents dollars par semaine. Grâce au soutien d’un ami palestinien et d’un avocat israélien, il a bien tenté de régulariser sa situation en demandant l’asile politique. Faute d’une réelle nationalité palestinienne et possédant des papiers jordaniens, sa demande a été rejetée.

L’été dernier sa famille est venue lui rendre visite. Son épouse a laissé à Hassan leur fils aîné de 15 ans. Sa vie a alors changé. Il s’est senti moins seul, même s’il reconnaît que les premières semaines avec l’adolescent, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, n’ont pas été faciles.

« Je commence le matin à 7 heures et finis le soir à 21 heures. Je sais d’où je viens et je ne voulais pas que mon fils soit illettré comme ses parents. » Il y a quelques semaines, Hassan a pris la décision de faire venir son deuxième fils de 13 ans.

« Il est extrêmement difficile pour mon épouse d’élever nos enfants dans le camps, surtout depuis que je suis parti. Et puis, je préfère que mes enfants aillent à l’école, même illégalement, plutôt que de traîner toute la journée dans le camp », confie celui qui va devoir augmenter son temps de travail pour l’éducation de ses deux enfants.

Hassan rêve du jour où il fera venir toute sa famille. « D’ici là, dit-il en levant les mains vers le ciel, Obama aura réformé l’immigration, inch' Allah. »   

*Les prénoms ont été modifiés.

Source : Témoignage Chrétien.

11:27 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

24/01/2011

Fêtes religieuses : le ministre et les "laïcards" de Bruxelles.

Par Philippe Clanché

Laurent Wauquiez.  Copyright : DR

On a oublié les fêtes chrétiennes dans un agenda européen. Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, dénonce, au delà de la bourde, un climat de négation de l'Histoire.

 

Le très policé Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, a réuni la presse en urgence pour une histoire qui fait des vagues depuis Noël.

La Commission européenne a distribué aux lycéens et étudiants de l'Union européenne un agenda 2010-2011. On peux y trouver mention des fêtes majeures des traditions juive, musulmane, sikh, bouddhiste... sans oublier la celtico-commerciale Halloween. Mais surprise, au 25 décembre, on ne trouve que l'image d'un sapin. Et rien à Pâques.

Nos eurocrates ont oublié les fêtes chrétiennes et notre ministre est « en colère ». « On ne doit pas laisser passer cela . Cet oubli représente une Europe que je n'aime pas, et qui ne s'assume pas. »

Renseignement pris auprès de la Commission, il s'agirait d'un oubli. Et le président Barroso a reconnu l'erreur de ses services. Appréciant l'aveu, Laurent Wauquiez va plus loin. « Je dénonce cette difficulté de l'Europe à assumer son identité, laquelle est en partie chrétienne. Notre Union a une histoire commune, une culture commune qu'elle ne peut nier », affirme le ministre qui parle de « l'Europe des clochers ».

Fallait-il donc évoquer les fêtes religieuses sur cet agenda ? Certains eurocrates, quand la polémique a éclaté, avaient proposé de supprimer à l'avenir toutes références de cette nature, histoire d'éviter les polémiques et les questions qui font réfléchir.

CHRISTINE BOUTIN

Laurent Wauquiez refuse l'argument. « Ces fêtes sont notre histoire commune, notre patrimoine commun. L'aventure européenne ne débute pas après la seconde guerre mondiale », dit le ministre qui déplore également que les anecdotes qui émaillent l'Agenda évoque bien plus la sagesse de Gandhi ou l'agriculture latino-américaine que les les riches heures du Vieux Continent.

Et à ceux qui voudraient mettre en avant les convictions personnelles du ministre, chrétien et héritier politique du très catholique Jacques Barrot au Puy-en-Velay (1), il répond en indiquant qu'il est le seul membre du gouvernement à parler arabe et qu'il a suivi une partie de ses études dans un pays musulman.

Sans vouloir faire la révolution dans les institutions européennes, Laurent Wauquiez demande à la Commission d'apporter un correctif. « Que cela serve de leçon », assène-t-il pour faire comprendre qu'une conception étroite et mesquine d'une laïcité qui tourne à l'anti-christianisme, ne passera plus inaperçue aux yeux du gouvernement.

Le lièvre avait été soulevé par Christine Boutin le 23 décembre. Mais la France était alors sous la neige et le soufflet médiatique n'a jamais pris. La présidente du Parti chrétien démocrate a même lancé une pétition, repris par les canaux catholiques identitaires. Pour une fois, la virulente ex-ministre a été entendue par le gouvernement.

L'affaire resurgit aujourd'hui alors que d'autres pays encore très catholiques - l'Italie, la Pologne - montent au créneau. Avant de s'exprimer publiquement sur l'affaire, le ministre a attendu des réponses de Bruxelles. Lesquels furent longues à venir et pas uniquement parce qu'il n'est jamais facile de communiquer sur un raté.

A la Commission européenne, personne n'a travaillé durant 15 jours pour cause de trêve des confiseurs : le très païen Nouvel an et... Noël. Vous savez cette histoire de sapin qui donne des congés...

Source : Témoignage Chrétien.

19:51 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

L'évêque, l'Unesco et les homos.

Par Jérôme Anciberro

Mgr Demetrio Fernandez Gonzalez  Copyright : DR Selon Mgr Demetrio González, évêque de Cordoue, qui le tiendrait lui même du cardinal italien Antonelli, l'Unesco aurait pour projet que la moitié de la population mondiale soit homosexuelle d'ici 2030.  Une des plus belles sorties épiscopales de l’année 2010, presque passée inaperçue.

Tout se passe comme prévu, ce 26 décembre 2010, dans l’historique cathédrale de Cordoue, ancienne grande mosquée des Omeyyades classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Mgr Demetrio Fernández Gon­zález, l’évêque du lieu, y célèbre la messe à l’occasion de la fête de la Sainte Famille.

Son homélie porte classiquement sur la notion de famille, image de La Trinité, de l’Église, du lien sacré unissant les hommes… Sans surprise dans le contexte espagnol, Mgr González y fait part de ses inquiétudes quant à l’évolution du modèle familial traditionnel.

Sans surprise non plus de la part d’un évêque connu comme un des piliers de l’aile la plus militante de son Église en matière de morale familiale et sexuelle, il aborde de manière très critique les thèmes du divorce, de la contraception, de l’avortement et de l’homosexualité. Un discours ferme et offensif, donc, mais qui n’en reste pas moins attendu.

ANECDOTE

Et puis soudain, c’est l’accident. Le plongeon. La phrase qui tue. Vers la fin de son homélie, Mgr González confie à ses ouailles : « Le “ministre ” de la famille du gouvernement du pape, le cardinal Antonelli, me disait il y a quelques jours à Saragosse que l’Unesco avait le projet de faire que la moitié de la population mondiale soit homosexuelle dans les vingt prochaines années. »

Passé le premier éclat de rire, on relit la phra­se, on la tourne dans tous les sens, on recoupe avec plusieurs sources, on vérifie les possibilités de traduction… Aucun doute possible : l’évêque de Cordoue a bien dit cela.

Simple anecdote ? Une bourde parmi d’autres, commises régulièrement aux quatre coins du monde par quelques prêtres ou épiscopes surmenés ? Pas sûr. Ce qui caractérise la phrase de Mgr Gon­zález n’est pas tant son caractère politiquement incorrect ou moralement douteux que son contenu manifestement grotesque.

Il ne s’agit pas là de la défense maladroite d’un dogme déconcertant ou d’une position morale à contre-courant de l’idéologie dominante. On se trouve bien au-delà des dérapages de tel évêque sur l’épidémie de sida comme « justice immanente » ou de tel autre sur l’avortement comme nouvelle Shoah.

Dans de tels cas, l’argumentation et la contre-argumentation demeurent théoriquement possibles, en dépit de toutes les réserves qu’on peut instinctivement avoir lorsque ces sujets polémiques sont abordés. Mais l’idée d’un plan de l’Unesco visant à « homosexualiser » la planète ne peut que provoquer la stupeur ou le rire et défie ainsi toute tentative de critique.

On évolue ici dans un univers parallèle, celui du conspirationnisme du plus bas étage, celui-là même qui se donne à lire sur certains sites Internet où l’on nous explique que les extraterrestres contrôlent la Maison-Blanche, infiltrent les services secrets chinois et engrossent durant leur sommeil les vierges nubiles pour mieux dominer la planète…

De toute évidence, l’inconfort spirituel et moral éprouvé par l’évêque de Cordoue face aux évolutions des mœurs lui a donc fait perdre le sens des réalités. Il ne nous explique d’ailleurs pas vraiment dans son homélie dans quel but l’Unesco travaillerait à de si noirs desseins…

MÉDITATION

Or, Mgr González n’est pas un simple catholique un peu exalté perdu au fond d’un désert. Il est évê­que, d’une cité illustre de surcroît, qui a certes perdu un peu de son lustre au cours des siè­cles, mais n’en demeu­re pas moins une ville européenne universitaire dans laquelle vivent quel­ques fidèles que l’on suppose éduqués.

Si l’on en croit le code de droit canonique, il a été choi­si à ce poste pour ses qualités morales, spirituelles, intellectuelles et son sens des responsabilités. C’est justement l’écart entre le niveau de l’ânerie lâchée et le niveau de dignité incarné par Mgr González qui pousse l’observateur à la méditation.

Ce cas a priori isolé nous dit-il quelque chose de l’évolution de l’Église catholique et du milieu intellectuel et idéologique dans lequel peut baigner une partie de ses cadres les plus éminents ? On attend en tout cas avec intérêt la réaction du cardinal Ennio Antonelli, mis dans la partie de si belle manière.

Source : Témoignage Chrétien.

19:46 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

23/01/2011

La popularité de Dominique Strauss-Kahn n'est pas friable.

Un bon sondage pour Dominique Strauss-Kahn, ça n'est plus vraiment une surprise. Ça le devient en revanche lorsque ledit sondage porte sur les deux points faibles du directeur général du FMI: l'incarnation des valeurs de gauche et la capacité à rassembler cette même gauche. Il concurrence Martine Aubry sur ses points forts.

D'après notre enquête OpinionWay- Fiducial pour Le Figaro et LCI, Martine Aubry demeure, avec 30%, celle qui incarne le mieux les valeurs de la gauche aux yeux des sympathisants de gauche, ceux qui sont appelés à voter aux primaires. Mais le favori socialiste pour affronter Nicolas Sarkozy en 2012 arrive juste derrière elle avec 28%. Mais auprès des sympathisants du PS, il se place une coudée devant la première secrétaire avec 35% contre 30%. Quant aux deux autres prétendants, Ségolène Royal et François Hollande, ils décrochent. Ils arrivent tous deux loin derrière avec respectivement 6% et 11% des sympathisants de gauche qui jugent qu'ils incarnent «le mieux les valeurs de la gauche». Le match des primaires devrait donc se jouer entre DSK et Aubry. Pour Strauss-Kahn, le sondage est encore plus flatteur sur la capacité à «rassembler la gauche comme candidat à la présidentielle». Il arrive là très largement en tête avec 48% des sympathisants qui l'en estiment capable. En deuxième position, Aubry ne recueille que 21% d'opinions favorables sur cet aspect, Hollande 10% et Royal 5%. Et l'écart se creuse auprès des sympathisants PS. DSK écrase ses concurrents potentiels avec 59%. Aubry recueille 19%, Hollande 8% et Royal 5%. Plus surprenant, lorsqu'il est testé auprès des sympathisants de la gauche radicale, DSK arrive en tête. Pour 30% d'entre eux, il serait le plus à même de rassembler la gauche.

Alors pourquoi attendre pour se déclarer? Parce que les personnes interrogées ne sont pas majoritairement impatientes; 63% d'entre elles estiment qu'«il peut attendre». Même du côté des sympathisants de gauche, on ne lui demande pas de se déclarer: 52% pensent qu'il peut attendre juillet. Le favori de l'opinion ne devrait donc pas se presser. Publiquement et officiellement, Aubry ne le lui conseille pas. En coulisses, les socialistes s'interrogent. En ce moment, les enquêtes d'opinion fluctuent d'un institut à l'autre concertant DSK. Certaines notent un léger tassement. Ipsos et l'Ifop ont enregistré un recul des bonnes opinions de Dominique Strauss-Kahn. Les sondages sur le souhait qu'il se déclare varient aussi: selon une enquête Ifop parue cette semaine, 55% des sympathisants socialistes souhaitent que DSK fasse part rapidement de sa décision.

Selon les partisans de DSK, les sondages ne risquent pas de se retourner. «La popularité de Dominique Strauss-Kahn n'est pas friable», a déclaré cette semaine Pierre Moscovici dans Les Échos. À l'inverse, les adversaires du patron du FMI prévoient des secousses lorsqu'il rentrera dans l'atmosphère française.

Source : Le figaro.

11:56 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

22/01/2011

DES POISONS DANS NOS ALIMENTS ?

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Additifs, acides gras trans et huile de palme ont mauvaise presse. Rumeur ou réalité ? Voici les ingrédients dont on doit se méfier.

Chaque jour, les progrès scientifiques poussent les industriels de l’alimentation à utiliser de nouvelles molécules pour rendre leurs produits plus attrayants, ou plus sûrs.

Toutefois, certains ingrédients, dont le nom figure généralement sur l’emballage, restent très difficiles à décrypter pour le consommateur.

Les additifs sont signalés par la lettre E

Les additifs sont tous mentionnés par la lettre E suivie de trois chiffres. Derrière ces chiffres se cachent des anti­oxydants empêchant le rancissement et la perte de coloration des aliments (E300 à E321), des conservateurs limitant la croissance des bactéries, levures et moisissures (E200 à E285), des émulsifiants, épaississants et exhausteurs de goût (E322 à E495, E621…), des édulcorants pour donner une saveur sucrée (E420, E421 et E950 à E967), ou encore des colorants (E100 à E180). Pas simple à déchiffrer !

En Europe, aucun additif ne peut être mis sur le marché sans avoir subi une batterie de tests et reçu l’agrément de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Les évaluations réalisées par le Groupe scientifique sur les additifs permettent de définir une "dose maximale sans effets" (DSE) utilisée pour calculer la "dose journalière admissible" (DJA) pour chaque additif.

Ensuite, l’AESA dresse la liste des additifs autorisés conformément au règlement européen (Le règlement européen (CE) n° 1333/2008 regroupe quatre directives : 89/107/EEC (critères), 94/35/EC (édulcorants), 94/36/EC (colorants), 95/2/EC (additifs)).

Additifs : des conséquences à long terme méconnues

Malgré ces précautions, les additifs se retrouvent régulièrement accusés de bien des maux. Selon Robert Victoria, ingénieur d’étude à l’Institut national de la consommation, "sur près de 360 substances autorisées, aucune n’est cancérigène, mais 30 ou 40 d’entre elles peuvent gêner les personnes allergiques ou particulièrement sensibles".

Ce ne sont donc pas les quelques centaines de cas d’allergie qui posent problème, mais "les conséquences à long terme d’une absorption quotidienne de petites doses d’additifs et les effets de ce mélange dans l’organisme, encore inconnus des toxicologues, poursuit l’ingénieur. À cela, il faut ajouter l’ingestion de plusieurs contaminants (pesticides, mycotoxines, métaux lourds…)."

- L’aspartame (E951). En 1996, une étude l’accuse de provoquer des tumeurs au cerveau chez les rats. Depuis, de nombreuses enquêtes ont démontré l’absence de lien entre l’absorption de cet édulcorant et tout risque de cancer.

Cependant, il est déconseillé aux personnes souffrant de phénylcétonurie, cette maladie génétique provoquant une arriération mentale, désormais dépistée à la naissance.

- Le glutamate monosodique (E621). Cet exhausteur de goût, utilisé dans la cuisine asiatique (soupes, sauces), est parfois associé à un engourdissement de la nuque ou à des palpitations apparaissant dans la demi-heure suivant le repas. Ces effets sont connus sous le nom de "syndrome du restaurant chinois".

L’E621 est aussi présent dans de nombreux gâteaux pour l’apéritif, les bouillons "cube" et fonds de sauce. À ce jour, la relation entre l’additif et ces symptômes mineurs, mais constants, n’a pas pu être démontrée.

-  Le benzoate de sodium (E122). En 2007, la revue médicale britannique "The Lancet" a publié une étude accusant ce conservateur, associé à certains colorants comme la carmoisine (E122) dans les bonbons, les sirops ou le ketchup, de favoriser un syndrome d’hyper­activité chez les enfants sensibles. Ses cousins (E210, E212, E213) sont dotés de propriétés similaires.

-  Les nitrites (E249, E250) et les nitrates (E251, E252). Ces agents sont employés dans la préparation des charcuteries pour neutraliser la prolifération de bactéries à l’origine d’intoxications alimentaires pouvant être mortelles.

Mais, les nitrites se transformant dans le corps en nitrosamines, classées cancérigènes par l’Organisation mondiale de la santé. La Commission européenne envisage d’en réduire l’utilisation.

-  Le propylène de glycol (E1520). Cet émulsifiant se retrouve dans les sauces de salade, les biscuits ou les bonbons, ainsi que dans les produits de beauté ou dans les fumées d’ambiance des discothèques.


Mais s’il fait peur, c’est parce qu’il est aussi utilisé comme antigel dans les chambres froides… Toutefois, son utilisation reste inoffensive, hormis pour les personnes souffrant d’une affection rénale ou d’asthme.

La tartrazine (E102). Elle contient parfois des amines aromatiques, classées cancérigènes selon le Centre international de recherche sur le cancer.

Ce colorant azoïque, présent comme d’autres colorants (E110, E122, E123, E124 ou E151) dans les entremets, les confiseries ou les fruits confits, figure aussi sur la "liste des excipients à effet notoire" établie par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), en raison d’un risque de réactions allergiques.

Également présents, bien qu’ils ne puissent être clairement identifiés dans la composition d’un aliment, les acides gras trans (AGT) font partie des "mauvaises" graisses. Ils diminuent le "bon" cholestérol (HDL), augmentent le "mauvais" (LDL), et donc accroissent le risque de maladies cardio-­vasculaires.

Les AGT se retrouvent naturellement dans la viande et les produits laitiers, mais également dans les produits transformés dont raffolent les enfants : viennoiseries, barres chocolatées, céréales du petit déjeuner, frites prêtes à cuire, tartes, chips, biscuits et autres nuggets.

Ces AGT apparaissent dans la liste des ingrédients sous le terme "huiles (ou graisses) partiellement hydrogénées".

L'huile de palme

L’huile de palme est la matière grasse la plus utilisée dans les produits "premier prix", car elle présente un faible coût de production (100 kg de fruits donnent environ 22 kg d’huile).

Elle apparaît sur les étiquettes sous la mention "huile végétale", sans plus de précision, et peut être également hydrogénée. En septembre dernier, le nutritionniste Jean-Michel Cohen a dénoncé l’emploi de ce terme perçu positivement par le consommateur.

En effet, la surconsommation d’huile de palme, produisant des acides gras saturés (AGS), augmente elle aussi le taux de mauvais cholestérol (LDL). Jean-Michel Cohen mène campagne auprès des industriels pour qu’ils renoncent à utiliser cette huile, plus riche en acides gras saturés que le gras de porc (saindoux).

Pour l’heure, il a été suivi par la marque Findus, qui a supprimé l’huile de palme dans tous ses produits, et par Casino qui s’est engagé à la remplacer dans 200 références portant sa propre marque avant 2011.

Les conseils de Charles Pernin, chargé de mission alimentation à l’association CLCV

 

 

 1. Consulter sur les produits la liste des ingrédients classés par ordre d’importance (quantité). Cette information obligatoire renseigne sur la qualité du produit : un plat cuisiné affichant l’eau en premier sera essentiellement constitué de sauce !

 2. Limiter les additifs en évitant les produits affichant quatre ou cinq substances chimiques.

 3. Se fier à l’étiquetage nutritionnel plutôt qu’aux allégations comme "sans sucre" ou "light". Les sucres se cachent derrière le mot "glucides" et les graisses derrière "lipides".

Charles Pernin est aussi responsable du site www.lepointsurlatable.fr.

Site Internet sur les additifs

www.eufic.org/index/fr : des informations sur les additifs et la nutrition sur le site du Conseil européen de l’alimentation (liste des additifs).

www.afssaps.fr pour se procurer la "liste des excipients à effet notoire" et www.afssa.fr/PNB501.htm concernant les acides gras trans.

Source : Santé Magazine.

16:44 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

CONNAÎTRE SON A.D.N POUR PRÉVENIR CERTAINES MALADIES ?

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Les personnes qui commandent des tests ADN pour connaître leur prédisposition à certaines maladies ne bouleversent pas pour autant leur hygiène de vie.

Alors qu'une start-up d'origine française, Portable Genomics, prévoit de lancer à l'automne une application iPhone permettant de conserver sur soi une trace écrite de son génome, la question de l'utilité des tests ADN à la demande se pose de plus en plus. Interdits en France, ils sont néanmoins en vente libre sur Internet, et de plus en plus d'Américains y ont recours. Moyennant une certaine somme d'argent (de 200 à 19.000 dollars), le client qui a expédié un échantillon salivaire par courrier reçoit en retour une analyse de son ADN et des mises en garde sur certaines pathologies. Plusieurs études se sont penchées récemment sur ce que ces nouvelles connaissances apportaient aux patients au quotidien.

De nombreux observateurs s'inquiètent en effet du stress inutile que pourraient générer chez le grand public ces résultats complexes et difficiles à mettre en perspective quand on n'est pas soi-même spécialiste du sujet. En effet, le grand public n'est pas toujours conscient que la génétique n'est pas le seul élément déterminant dans l'apparition d'une maladie ; l'environnement, ou les conditions de vie, peuvent avoir un rôle plus important. C'est le cas par exemple du diabète de type 2 : le surpoids et le manque d'exercice physique pèsent très fort dans son apparition.

Mais contre toute attente, plusieurs études récentes tendent à prouver que connaître son génome ne pousse pas à chambouler sa vie. L'équipe du Dr Topol du Scripps Translational Science Institute en Californie, qui publie en janvier un article dans le New England Journal of Medicine , a suivi 2037 personnes ayant commandé des tests ADN auprès de la société Navigenics. Il leur a été demandé de répondre trois mois après sur les changements qu'elles avaient entrepris à l'issue de ces tests. Surprise : la proportion de personnes ayant modifié leur régime alimentaire, leur activité physique ou se trouvant plus angoissée après ces tests était très faible.

 

Les médecins mal préparés pour exploiter ces tests

 

Parmi les sondés, la moitié seulement pensait compléter ces résultats par des examens médicaux en lien avec les pathologies pour lesquelles ils présentaient des risques mammographie, dépistage du cancer colorectal. Toutefois, soulignent les auteurs de l'étude, dans ce genre de déclaration d'intention, le nombre de personnes qui passent vraiment à l'acte est souvent moins important qu'annoncé. Par ailleurs, seulement 10% des clients de Navigenics avaient demandé à consulter gratuitement un des généticiens de la société ce service est mis à leur disposition car les résultats, envoyés par écrits et traduits en pourcentages, ne sont pas toujours évidents à comprendre.

La proportion de patients ayant parlé des résultats à leur généraliste était plus grande - 26,5%. Mais, selon une autre étude présentée par Barbara Bernhardt du Coriell Institute au congrès annuel de l'American society of human genetics en novembre, les médecins ne savent pas toujours eux-mêmes exploiter ces données. Dans cette enquête de plus faible ampleur, un quart des 42 personnes suivies racontaient que leur praticien habituel n'était pas en mesure d'expliquer les résultats génétiques ou ne savait pas quoi en faire. Un sondage publié en 2009 montrait déjà que 10% des médecins américains estimaient être assez formés pour utiliser les résultats de ce genre de tests.

De l'aveu du Dr Topol, ces résultats sont «très décevants». D'autant que les volontaires étudiés, qui ont fait la démarche de payer pour ces tests, ne sont pas représentatifs de la population en générale. Plus diplômés et plus riches que la moyenne, ils sont par conséquents plus enclins à prendre soin de leur santé. «Notre conclusion, c'est qu'il est très dur de modifier le mode de vie des gens pour qu'ils fassent attention à eux».

Source : Le Figaro.

11:41 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

21/01/2011

La Foi des artistes et intellectuels connus.

 
  
« On écrit beaucoup de bêtises à mon sujet… On dit que je suis le King, le Roi. Mais pour moi, il n’y a qu’un seul Roi: Jésus-Christ. » (Elvis Presley

 
« Combien misérables et méprisables sont les paroles de nos philosophes, avec toutes leurs contradictions, comparées aux saintes Ecritures. » (Jean-Jacques Rousseau)

 
« Je n'ai jamais nié l'existence de Dieu. Je crois que la théorie évolutive ne s'oppose pas à la foi en Dieu. L'impossibilité de prouver que cet univers immense et l'homme lui-même ont été le fruit du hasard est l'argument numéro un dans la preuve de l'existence de Dieu. » (Charles Darwin)
 
Dans son autobiographie, il a expliqué combien la foi chrétienne avait marqué son existence et donné un sens à sa vie. (Wikipedia, sur Michel Serrault)

 
« La Bible est le meilleur livre qui soit ou même qui sera connu dans le monde. » (Charles Dickens

 
« La foi m'aurait peut-être quitté s'il n'y avait pas l'existence prouvée, concrète, charnelle de Jésus-Christ… Cette existence concrète de Jésus-Christ est pour moi l'élément de référence. » (Jacques Delors)

 
« Plus je vieillis, et plus je me sens capable d’affronter la vie » explique Ringo Starr. « C’est une quête de longue haleine, mais dans la vie, il faut savoir trouver sa vraie personne. En ce qui me concerne, Dieu fait partie de ma vie. Je ne m’en cache pas. Et je pense que ma croyance a démarré dans les années 60. »

 
« Je suis chrétien. Je crois en Jésus-Christ. » (Michel Delpech)

 
« JESUS est mon Sauveur. » (Nina Hagen)

 
« Mon poète préféré, c'est tout de même le Christ; les Evangiles, c'est mon poème préféré. » (Georges Brassens)

 
« Nous affirmons être chrétiens, mais nous n’essaierons pas de vous convaincre en vous tapant sur la tête avec une Bible. »  Alice Cooper s’est converti au christianisme il y a 16 ans. Selon lui, au début, c’était la crainte plutôt que l’amour de Dieu qui le motivait. « Je ne voulais pas aller en enfer ».

 
« C’est bien d’aller avec les autres pour prier. Il y a d’une part la prière personnelle - le Christ dit : “Allez dans votre chambre pour prier”, ça aussi ça m’énervait ; je disais : “Et celui qui n’a pas de chambre ?!” Depuis, j’ai compris qu’il s’agit de la chambre intérieure, d’aller dans un endroit où personne ne vous voit et prier votre Dieu. » (Michael Lonsdale)

 
« La série est certainement subversive, et au sens chrétien du terme. Ce n’est pas à un acteur que nous avons affaire, mais à un éveilleur d’âmes. » (sur "Le Prisonnier" et Patrick McGoohan)

 
« La foi est essentielle. Je conseille d’ailleurs à tout le monde de se plonger dans la Bible le plus souvent possible. Il y a tout dedans! Le message christique donne une certaine dimension aux relations humaines. Aime ton prochain comme toi-même: qu’est-ce qu’il y a de supérieur à ça?» (Roland Giraud)

 
Il disait souvent : « tout le reste peut attendre, mais pas la recherche de Dieu et l'amour du prochain » (George Harrison)

 
« J'ai eu la chance de rencontrer Dieu, juste au moment où je doutais de Lui » (Raymond Devos)

 
« Enfant, j'ai reçu une instruction tant biblique que talmudique. Je suis juif mais l'image rayonnante du Nazaréen a une influence puissante sur moi. Personne ne peut lire les évangiles sans éprouver la présence réelle de Jésus. Sa personnalité ressort de chaque mot. » (Albert Einstein)

 
« La plus grande chose, dans l'histoire de l'humanité, ce n'est pas l'homme qui a marché sur la Lune, mais c'est Dieu qui a marché sur la Terre en la personne de Jésus-Christ. » (James Irwin, Apollo 15) 

 
« Jusqu'à 15 ans, Jésus-Christ n'existait pas pour moi. A 20 ans, il n'était plus rien. Puis, à 28 ans, je suis parti seul sur la mer. Jamais Jésus-Christ ne m'a quitté. Il était le seul appui qui ne trompe jamais. Il m'approuvait et m'aidait. C'est par lui que j'ai compris qu'il fallait toujours aimer tous les hommes. » (Alain Bombard)

 
« Quand j’ai lu ma Bible, j’ai compris que Jésus est le seul chemin vers Dieu… Je sais qu’au moment où j’ai confié ma vie à Jésus-Christ de façon personnelle, celle-ci a pris son vrai sens. » (Cliff Richard

 
« Nous voulons, avec le secours de Dieu, proclamer toujours plus haut et plus ferme les grandes vérités évangéliques, c’est-à-dire la divine autorité de toute la Parole de Dieu. » (Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge)

 
« Marcher sur la Lune fut pour moi une expérience extraordinaire, mais marcher avec Jésus-Christ, Fils de Dieu, voilà ce qui remplit vraiment ma vie, maintenant et pour l'Éternité. » (Charlie Duke, Apollo16

 

09:56 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans CHRONIQUES., LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

18/01/2011

Intervention Mgr. SCHERRER, Evêque de Laval.

  « L’hospitalité à l’épreuve du temps » : c’est le titre de la contribution que donnera Sœur Sophie de Saint Joseph, Petite Sœur des Pauvres, mais c’est plus largement le thème inspirateur de ce congrès qui rassemble les Présidents et Présidentes des Hospitalités ce weekend. Puisqu’il m’a été demandé d’introduire cet évènement, c’est bien volontiers que je prends la parole ce matin. Je laisserai le soin à sœur Sophie d’approfondir le sens de l’hospitalité dans la lumière donnée par le témoignage de Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres. Pour ma part, j’aimerais davantage valoriser le sens et l’importance du temps, ce temps, dont la dimension, avec celle de l’espace, fait partie intégrante de notre condition de créatures. Impossible de penser notre destinée d’hommes et de femmes créés par Dieu en dehors de cette dimension du temps. Chrétiens, notre vocation est d’aimer à la manière de Jésus, mais nous voyons bien que cet appel fondamental ne se vit pas simplement dans la ferveur des commencements, mais qu’il se déploie dans la durée du temps, dans la dynamique d’une maturation et d’une croissance qui est constitutive de cet appel plus fondamental encore à être et à devenir des saints et des saintes selon l’invitation de Pierre dans sa première épître : « À l’exemple du Saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, parce que moi, je suis saint » (1 Pi 1,15-16).

 C’est le grand défi, en particulier quand nous préparons des fiancés au mariage, de les faire entrer dans cette compréhension du temps si décisive pour mener à bien cette aventure de la vie conjugale et la rendre féconde dans tous les sens du terme. La question de la durée dans le temps est aujourd’hui une question essentielle. Car nous vivons dans une civilisation de l’immédiateté, du tout, tout de suite. Nous le constatons dans les exigences commerciales de nos contemporains. Si j’ai envie d’un réfrigérateur, d’une auto ou d’un ordinateur, aucun obstacle ne doit m’empêcher de l’acquérir dans les délais les plus brefs. Il en va de même sur le plan des relations amoureuses elles-mêmes ; on le voit bien aujourd’hui, ce qui prévaut bien souvent, c’est le nomadisme sentimental et affectif. On imagine trouver son épanouissement dans des expériences fugaces, éphémères, changeantes. La durée du temps est pourtant la seule vérification de notre amour. « La fidélité dans le temps est le nom de l’amour » (Benoît XVI à Fatima). Avant lui, Jean-Paul II avait parlé d’une « loi de gradualité » pour évoquer cette tension progressive des époux vers cet idéal de l’amour humain transfiguré par l’amour de Dieu (1).

Toute vocation, quelle qu’elle soit, intègre cette dimension essentielle du temps. Or nous mesurons tous notre incapacité, sans la grâce de Dieu, à inscrire nos ‘oui’ dans cette progressivité ascendante, dans cette gradualité dont parlait Jean-Paul II ; nous voyons bien qu’il nous est difficile de faire nôtre cette exigence de gratuité qui consiste à durer dans l’amour, qui consiste à grandir dans ce que j’appellerais la « constance » de l’amour. Le grand défi de la vie spirituelle, de la vie chrétienne, c’est d’entrer jour après jour dans la constance de l’amour ; c’est d’apprendre à ne plus zapper avec nos sentiments, avec nos émotions, avec nos promesses, nos résolutions pour entrer avec celui qu’on a choisi d’aimer dans la vérité d’une relation qui dure.

C’est peut être ici l’occasion de nous redire ce qui fait l’originalité du christianisme dans sa manière singulière de comprendre et de concevoir le temps. Le christianisme a apporté un sens de l’histoire. C’est le premier rappel que je voudrais faire en commençant.

 I. LA CONCEPTION DU TEMPS DANS L’HELLÉNISME ET LE JUDÉO-CHRISTIANISME

 Chez les Grecs, d’abord – mais c’est déjà vrai dans les cultures les plus anciennes et les plus traditionnelles (l’hindouisme : les Veda, datés de 1500 avant notre ère) –, le temps se déroule selon un cycle éternel où toutes choses se reproduisent indéfiniment. C’est le mythe de l’éternel retour qui induit chez l’homme de culture grecque une soumission au temps qui sera nécessairement ressentie comme un asservissement et une malédiction. « De là vient que la pensée philosophique grecque s’épuise à résoudre le problème du temps. De là également  tous les efforts qu’elle fait pour se libérer, pour échapper à ce cycle éternel, c’est-à-dire pour s’affranchir du temps lui-même. Les Grecs ne peuvent concevoir que la délivrance puisse résulter d’un acte divin accompli dans l’histoire temporelle. La délivrance réside, pour eux, dans le fait que nous passons de notre existence d’ici-bas, liée au cycle du temps, dans l’au-delà, soustrait au temps et toujours accessible. La représentation grecque de la félicité est donc spatiale, définie par l’opposition entre ici-bas et au-delà ; elle n’est pas temporelle, définie par l’opposition entre le présent et l’avenir. Elle ne saurait être déterminée par le temps, puisque celui-ci est conçu comme un cercle » (2).

 En sens contraire, dans la prédication chrétienne primitive, la conception du salut est rigoureusement temporelle. Pour les chrétiens, le temps n’est pas un cercle, mais une ligne droite, une ligne ascendante à laquelle on attribue un commencement (archè) et une fin (telos). Au centre de cette ligne se situe l’évènement de la naissance, de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth, ce Jésus, Christ, que nous reconnaissons, nous chrétiens, comme la révélation absolue (et définitive) de Dieu aux hommes. C’est à partir de ce point central que s’opère le décompte des années dans notre système chronologique, une habitude qui a été prise définitivement au XVIII° siècle.

Parce que le temps en christianisme est conçu comme une ligne ascendante, un  « accomplissement » (plerôma) y devient possible. Compris de cette manière, le temps n’est pas une réalité opposée à Dieu, mais le moyen dont Dieu se sert pour révéler l’action de sa grâce... et j’ajouterais, le moyen pour nous, les hommes, de sceller notre destinée personnelle et collective par des choix de liberté qui soient vraiment salutaires, porteurs d’amour. On perçoit donc cette particularité essentielle du christianisme : si les anciens subissaient le temps, les chrétiens, eux, le vivent à plein comme une réalité donnée par le Créateur. C’est l’expérience que fait chaque individu : il vit un temps fini qu’il ne se donne pas mais qu’il reçoit. Le temps des chrétiens est un temps donné : notre existence elle-même est un don, c’est une chance qui nous est accordée. Elle est le lieu où notre liberté est appelée à s’épanouir et à se déployer dans le sens du don. Créés libres à son image et à sa ressemblance, nous sommes « appelés par Dieu à vivre la durée située entre notre naissance et notre mort dans l'amour de Dieu et l'amour des autres, durée parcourue comme un chemin vers le Royaume, voie ouverte par le Christ lui-même et définie par lui » (3). C’est ainsi que le temps chrétien est par excellence le temps de l’espérance, un temps ouvert à la fois à la corporéité et à l’intersubjectivité :

- à la corporéité, en ce sens que notre corps, par lequel nous sommes en ouverture sur le monde, est le lieu où nous prenons conscience de notre finitude et en même temps de la valeur du temps qui nous est accordé. Pour cette raison, la maturité du temps ne vient pas de sa durée biologique mais du drame qui s’y joue. On pense à tous ces saints (Stanislas Kostka, Louis de Gonzague, Thérèse de Lisieux, etc.) ou ces génies (Mozart, Schubert) qui sont morts jeunes et ont saisi l’instant de la chance dans le temps qui leur était accordé ; ils sont su, par leur sainteté et leur génie justement, inscrire dans la brièveté des jours une sorte de plénitude, d’absolu. Ils ont inscrit l’absolu dans le fragmentaire (4).

- à l’intersubjectivité, car l’ouverture du temps propre ne se fait pas seulement en direction du monde, il se fait aussi en direction de l’autre. L’homme est un être social, un être de relations, un être, par conséquent, dont les actes librement posés ont une incidence collective. Mystérieusement, les choix que nous posons, les décisions personnelles que nous prenons dans le déploiement de ce temps qui nous est propre, ces décisions, aussi petites soient-elles, affectent la destinée de l’humanité en général. C’est ainsi que le temps personnel et le temps collectif se croisent, s’interpénètrent. Autant le dire, notre existence est unique, et parce  qu’elle est unique, elle s’offre comme un « chantier » où chacun est invité à construire son éternité, mais avec cette conviction qu’on ne peut opérer son salut qu’en coopérant au salut de tous. Comme le disait Denise Legrix : « Le véritable bonheur est de faire celui des autres ». De là l’importance de remplir chaque instant d’une plénitude de sens et d’une plénitude d’amour en se donnant aux autres, tout spécialement les pauvres et les malades, dans une attitude de service et d’hospitalité.

 II. CRÉATION INITIALE ET CRÉATION CONTINUÉE

 En christianisme, nous sommes donc dans la conception d’une ligne temporelle de l’histoire du salut qui va de la création initiale à la nouvelle création, celle que le Christ a inaugurée par sa mort et sa résurrection. Saint Irénée de Lyon est l’un de ceux qui ont su le mieux mettre en valeur cette dynamique d’un salut de l’homme par Dieu qui intègre la dimension du temps. Irénée qui est un grand connaisseur des Saintes Écritures sait que le monde de la Genèse est créé une fois pour toutes par l'unique Dieu Créateur dans un acte d'amour. Mais il montre comment cette création ne s’est pas opérée d’un seul coup, comme par un simple maniement de baguette magique : la création de Dieu est échelonnée dans le temps, par étapes successives. Comme l'artiste crée son œuvre, Dieu procède par degrés, par phases, par touches successives. L’opération de Dieu, son action créatrice est en réalité coextensive à toute l’histoire de l’humanité, du début jusqu’à la fin. C’est pourquoi Irénée insiste très fort sur le fait que Dieu ne créé pas l’homme parfait dès le commencement, mais perfectible, afin de se donner la joie de pouvoir le combler selon une dynamique de croissance (incrementum) et de progrès (augmentum) correspondant à la fois aux capacités forcément limitées de la créature et à la surabondance d’Amour du Créateur. Pour le dire autrement, la raison de la création temporelle est dans l’ajustement graduel de la créature aux biens toujours plus nombreux que Dieu entend lui prodiguer. C’est par conséquent toute l’histoire qui, dans son déroulement, dans son déploiement, est pensé comme le lieu d’une divinisation progressive de l’homme. Cela est manifeste dans la théologie d’Irénée pour qui la loi du temps a une fonction révélatrice et épiphanique de l’Amour de Dieu et de sa puissance. Dieu, écrit Irénée, est « Celui-là même qui a toujours davantage à distribuer à ses familiers, et qui à mesure que progresse leur amour pour Lui, leur accorde des biens toujours plus nombreux et plus grands » (5).

L’originalité de la doctrine juive et chrétienne de la création est là : dans cette affirmation de l’immanence de l’action créatrice de Dieu en tout être, une action ininterrompue depuis les origines. Dans cet esprit, l’homme créé à l’image et à la ressemblance du Créateur est appelé à passer sans cesse d’un moins-être à un plus-être. Saint Paul dira : de « psychique », il doit devenir « spirituel » (cf. 1 Co 15,45). L’apôtre est celui qui nous explique le mieux comment nous avons été créés dans le Fils, ou plus exactement comment nous avons été créés vers le Fils, ce qui signifie que notre perfection est liée à l’image divine pleinement manifestée à la fin des temps dans l’humanité glorifiée du Fils de Dieu. La vocation de l’homme, dira Paul, c’est de parvenir à « la plénitude de la stature du Christ » (cf. Eph 4,13). Il y a, sous-jacente à la pensée chrétienne, comme une loi d'entropie positive du genre humain en marche vers son accomplissement ultime. C’est pourquoi la perfection de la créature n’est pas située au début, mais à la fin : la création achevée, l’humanité parfaite, nous la contemplons déjà dans la personne du Christ ressuscité, dans son humanité glorifiée. C’est vers cette ressemblance avec le Christ que nous devons tendre avec toutes les forces de notre foi, de notre espérance et de notre amour.

 a)      L’espérance chrétienne et les dimensions du temps

 Il y a donc une tension eschatologique de l’homme en chemin vers la plénitude de son accomplissement, et c’est cette tension eschatologique qui fonde la singularité de l’espérance chrétienne. Il est intéressant de voir comment l’espérance chrétienne intègre les trois dimensions du temps :

- le passé, avec la mort-résurrection du Christ comme évènement situé dans l’histoire

- le présent avec l’action présente du Christ ressuscité à l’œuvre dans notre monde

- le futur avec l’attente de l’avènement du Royaume plénier de Dieu

Voilà les trois assises sur lesquelles repose l’espérance chrétienne. On comprend à partir de là que le Royaume de Dieu qui est objet de notre espérance n’est pas simplement et purement une réalité de l’au-delà. Ce Royaume, qui a été inauguré dans l’activité de Jésus (sa prédication, l’accueil et le pardon qu’il a réservé aux pécheurs, les miracles qu’il a accomplis), continue de s’édifier en chacune de nos vies, à travers nos engagements, nos combats, nos souffrances aussi. On perçoit peut-être mieux, à partir de là, ce qui confère à l’espérance chrétienne sa physionomie propre. Beaucoup en effet voient dans l’espérance une sorte d’utopie qui nous propulserait dans un au-delà de nous-mêmes jusqu’à nous faire démissionner de nos tâches présentes. On se souvient que les athéismes et les philosophies du soupçon voyaient dans l’espérance chrétienne un « opium » pour le peuple, comme un moyen de s’évader dans des paradis artificiels pour échapper à cette condition humaine parfois douloureuse et pesante qui est la nôtre. Mais rien n’est en réalité plus étranger à nos convictions nourries de l’Évangile. L’espérance n’est pas une fuite en dehors de notre histoire. Elle nous amène à construire l’avenir dans le hic et nunc de nos existences et de nos  engagements. Par conséquent, loin d’être une démission, l’espérance est au contraire au fondement même de la mission et de l’engagement chrétien. L’espérance qui est tendue vers le futur se vit au présent. Elle est « une force qui nous tire audacieusement vers l’avant, vers la nouveauté, vers le changement, l’inédit. Elle est le contraire de la nostalgie du passé et de la stagnation, de l’immobilisme » (Bruno Leroy). Elle est la « petite sœur, disait Péguy, qui fait marcher les deux autres (la foi et la charité) ». C’est donc une vertu qui nous engage au plus haut point, qui nous presse à aimer nos semblables, à leur offrir le témoignage d’une vie où la parole est en cohérence avec les actes. Espérer, c’est s’engager personnellement pour que le monde devienne plus lumineux et un peu plus humain. L’espérance est donc créatrice ;  elle nous rend acteurs de la transfiguration du monde et de l’histoire. C’est l’expérience des saints et des saintes.

 Espérer, c’est en définitive faire entrer notre vie dans le réel de nous-mêmes sachant que pour un chrétien, notre réel, notre vraie substance, c’est le Christ en personne qui, par sa mort et sa résurrection, nous a déjà fait « passer » (c’est le sens du mot Pâques) de ce monde dans le monde nouveau. Comme chrétiens, nous croyons que l’humanité a de l’avenir parce que, précisément, Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts. Un vrai chrétien est donc quelqu’un qui vit comme il espère. Le grand drame de beaucoup de nos contemporains, c’est qu’ils passent toute leur vie à côté d’eux-mêmes, ils laissent leur existence se dissoudre dans le néant, le hasard, l’éphémère, l’accidentel. En sens contraire, Benoît XVI, dans son beau discours aux Bernardins, a mis en valeur l’exemple des moines qui ont vécu le temps comme une entrée dans l’éternité : « Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’eschatologie ».

 b)     Vivre la grâce de l’instant présent

 Impossible par conséquent de comprendre le salut chrétien sans cette tension eschatologique de l’homme vers Dieu. Cette édification du Royaume nouveau intègre l’efficacité des sacrements. Par les sacrements, en effet, le monde invisible est déjà présent réellement : « cela est », ainsi que le prêtre le dit lors de la consécration du pain eucharistique.

Les sacrements vécus dans le temps nous font déjà sortir de ce temps qui s’écoule pour nous rendre présent à l’éternel Présent. Ils nous font prendre la dimension de notre être éternel.

C’est ainsi que la liturgie célèbre l’irruption de l’éternité dans le temps. De Noël à Pâques, de l’Ascension à la Pentecôte, au gré des rendez-vous successifs du calendrier liturgique, nous entrons dans l’aujourd’hui de la création nouvelle inaugurée par la résurrection du Christ.

Voilà pourquoi le véritable appel qui nous est adressé comme chrétiens, c’est de vivre l’aujourd’hui de Dieu et de son amour, c’est de vivre l’instant présent de sa grâce. La manière dont nous vivons l’instant présent est la vérification concrète de notre attachement au Christ et à son Église. C’est en vivant intensément l’instant présent que nous progressons vers le Royaume et le faisons déjà advenir en ce monde. Un proverbe espagnol dit en sens contraire :

« Le chemin de tout à l’heure et la route de demain mènent au château du rien du tout ».

L’instant présent est chemin vers la sainteté parce qu’il est le point de contact avec la volonté divine. Nous n’atteignons Dieu que dans chaque instant : vivre chaque instant avec un maximum d’amour, voilà le secret d’une vie chrétienne heureuse.

 C’est bien là certainement un grand défi à relever quand on voit aujourd’hui à quel point notre rapport au temps a changé. Nous sommes témoins en effet d’une formidable accélération du temps ces trente ou quarante dernières années :

- par les progrès de la technologie : nos manières de communiquer, de nous déplacer ont considérablement changé les modes de vie.

- la société de consommation nous place devant une multiplicité de choix matériels et relationnels (produits d’alimentation, sports, loisirs)

- l’afflux massif d’informations qui nous viennent de toutes parts engendre un phénomène d’extériorisation maximale qui fait que le temps externe a pris la majeure part de notre perception au détriment de notre temps interne, de ce qui se passe à l’intérieur de nous (question du déficit d’intériorité chez les jeunes générations).

Le temps numérique, celui de nos montres, a fini par imposer sa dictature au cœur de nos vies, sans que nous ayons pu résister à sa conquête. Ce temps numérique qui règle nos journées est aussi une mesure de l’efficacité économique. Combien de machines ont remplacé les hommes pour des raisons de temps. Et c’est même devenu un critère dans le recrutement  et le management des hommes entre eux : dans les embauches, on privilégie ceux qui font en deux heures ce que d’autres font en quatre. On en est arrivé à cette déformation qui nous fait concevoir l’accélération comme une qualité : aller plus vite, c’est être plus intelligent, aller plus vite, c’est être plus heureux. Mais en réalité, depuis 15 ou 20 ans, je parle pour notre monde occidental, nous constatons une régression de l’humanité. On a vu régresser notre comportement humain dans sa capacité relationnelle, dans sa capacité à être heureux, sa capacité à se suffire de ce que l’on a. « Tout doucement est en train de s’installer en nous la perception de l’échec du temps linéaire. C’est là une révolution culturelle majeure : s’apercevoir que demain n’est pas toujours mieux qu’hier, que cette grande hypothèse du XVII° siècle qu’on va toujours vers mieux est en train d’être vouée à l’échec » (6).

 Comment, à partir de là, ré ancrer le temps dans la personne ? En retrouvant cette dimension fondamentale de la rythmique corporelle. Le fait est qu’il faudra toujours neuf mois pour faire un enfant, qu’on n’est pas plus intelligent à 10 ou 20 ans aujourd’hui qu’il y a dix mille ans, signe que la rythmique de l’éveil de l’intelligence ne s’accélère pas. Il y a donc un temps naturel, un temps fondamental. C’est à ce temps de la nature qu’il faut savoir par moments se ré étalonner, ce que favorise par exemple l’occasion des vacances chaque été en famille, ce qu’on redécouvre également à travers les pèlerinages (en particulier celui de Saint Jacques de Compostelle) qui suscitent un engouement croissant depuis plusieurs années.

La deuxième manière de ré ancrer le temps dans la personne, c’est de redécouvrir comment la valeur du temps est liée concrètement à ce que nous vivons. Et ça, c’est la relation humaine.

« La relation humaine est le lieu où je découvre avec émerveillement que l’essentiel, c’est de perdre du temps ; pas simplement d’en prendre, mais d’en perdre. On ne commence vraiment à aimer que quand on perd du temps»7. Mère Teresa disait : « Ne laisse jamais quelqu’un que tu rencontres avant qu’il ne soit heureux de ta rencontre ».

 N’est-ce pas le grand défi à relever lorsqu’on s’engage à accompagner les malades !

C’est cet amour au présent en effet qu’attend le pauvre, le malade, notre prochain. Cet amour exige une attention particulière : une attention qui passe par le regard : regarder autrui, c’est s’efforcer de percevoir ses besoins, ses désirs, ses difficultés, ses aspirations, ses souffrances. Et c’est, après les avoir pressentis et découverts, lui donner ce qu’il attend et ce qui lui manque. Cet amour suppose que l’on se mette sur le même plan que l’autre, sans ombre de mépris, de condescendance : ne pas jouer au docteur si on ne l’est pas, ni au psychologue. Il faut avoir sur l’autre un regard d’amour, un jugement d’amour. Evidemment, cette disponibilité à l’autre ne va pas sans une permanente désappropriation de soi. C’est en ce sens que le temps constitue une mise à l’épreuve de notre charité, de notre agir chrétien. Pouvoir l’intégrer concrètement dans nos engagements caritatifs ou pastoraux est en définitive le moyen le plus sûr d’entrer dans le véritable esprit de l’hospitalité chrétienne. Je vous remercie de votre attention

 _____________________________________

 

1 . Cf. Exhortation apostolique Familiaris Consortio, n. 34.

 2 . Oscar CULMANN, Christ et le temps, Delachaux et Niestlé 1965, p. 37.

 3 . Solange THIERRY, « Temps de l’Inde et temps chrétien ». Sur le site www.religions.free.fr. L’auteur est ancienne directrice d'études à l'École Pratique des Hautes Études de la Sorbonne et spécialiste de la culture orientale et du sanskrit.

 4 . Mais on peut tout autant parler de ceux dont la vocation s’est opérée sur le tard, comme Sainte Thérèse d’Avila, Jeanne Jugan, Petite Soeur Magdeleine, Mère Teresa, des fondatrices d’ordre qui avaient toutes autour de la quarantaine au moment où leur choix de vie s’est précisé. Elles ont « rattrapé »le temps avec une audace et une foi extraordinaires.

 5 . Adversus Haereses IV, 9,2.

 6 . Samuel ROUVILLOIS, « La gestion du temps », Dossier paru dans Vivre Marie, Bulletin de l’Amicale des Petits

Frères de Marie, n° 139, septembre 2010, p. 18.

7 . Ibid., p. 19.

Lire sur le lien suivant : http://www.asprehofran.net/rubrique,intervention-mgr-sche...

20:16 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS., SPIRITUALITÉ, TÉMOINS DE CE TEMPS., THÉOLOGIE CONTEXTUELLE., THÉOLOGIE., VIVRE L'ÉVANGILE. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

15/01/2011

Emerveillement et adoration.

“Exaltez le Seigneur, notre Dieu, et prosternez-vous devant Son marchepied !” Psaume 99.5www.saparole.com

Ne perdez jamais votre sens de l’émerveillement sinon vous risquez de perdre aussi votre motivation à L’adorer ! Si vous ne croyez pas que la puissance de Dieu est absolument sans limites, qu’Il est toujours présent où que nous allions et que nous pouvons donc nous approcher de Lui à tout moment, vous vivrez en permanence dans l’anxiété, vous imaginant que tout dépend de vous. Vous aurez peur de témoigner de votre foi par crainte du ridicule ou de peur de ne pas trouver les mots justes. Vous ne ferez preuve d’aucune générosité, car la source de votre sécurité matérielle se trouvera en vous et non en Lui.

Vous aurez peur d’exposer la vérité, dans l’amour, à ceux qui en ont le plus besoin, car sans l’assurance absolue que Dieu vous a accepté tel que vous êtes, vous demeurerez esclave de l’opinion des autres. Nous vivons à une époque qui décourage tout sens d’émerveillement surtout lorsque Dieu est concerné. Nous ne nous enthousiasmons plus autant qu’avant devant Ses merveilles et Ses miracles, et pourtant, au fond de notre coeur, nous les recherchons. Quand nous réduisons Dieu à notre raison et à notre intelligence, nos prières se mettent à manquer de foi, nous agissons sans passion, nous Le servons sans joie et nous souffrons l’adversité sans espoir. Avec pour conséquence la peur, la défaite et la perte de vision vers l’avenir.

Mais ce qui peut restaurer notre sens de l’émerveillement devant la grandeur de Dieu, c’est l’adoration. Il nous a créés de façon à ce que nous nous sentions obligés de Le louer, d’exprimer par nos paroles et nos chants toute l’estime que nous avons pour Lui, chaque fois que nous rencontrons quelque chose qui nous bouleverse et nous remplit d’admiration. Nous n’adorons pas Dieu parce qu’Il en a besoin, mais parce que nous en avons besoin ! Sans adoration, nous ne pouvons pas Le comprendre vraiment, nous oublions combien Il est grand et puissant, et nous passons à côté de notre mission pour devenir intéressés surtout par nous-mêmes. Si nous traversons la vie, des oeillères aux yeux, nous perdons vite tout sens d’émerveillement et de reconnaissance à Son égard. Nous devenons orgueilleux, entêtés et égoïstes. Aussi, chaque jour, prenez le temps de dire : “Exaltez le Seigneur et prosternez-vous devant Son marchepied !”  

 Bob Gass .

16:34 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |

08/01/2011

LES DEUX OTAGES ENLEVÉS AU NIGER SONT MORTS.

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Il s'appelle Antoine, il est originaire de Linselles, dans le Nord, et il était sur le point de se marier. Selon nos informations, ce Français âgé de 25 à 30 ans est l'un des deux otages enlevés vendredi soir à Niamey, la capitale du Niger.

Le jeune homme connaît le Niger pour y avoir travaillé en tant qu'«assistant de projet» pour une ONG allemande du secteur médical jusqu'en mars 2010.

Il a également effectué un stage pour une organisation française dans ce pays. L'une de ses responsables nous a confié qu'il était «sérieux» et «travailleur».

 

Actuellement expatrié dans un pays d'Afrique centrale, ce Français était revenu à Niamey pour se marier, le 15 janvier prochain, avec une Nigérienne. Vendredi soir, il dînait avec des amis au Toulouse, un restaurant du quartier résidentiel le Plateau. Selon l'ex-maître de stage d'Antoine, Le Toulousain «n'est ni un endroit louche, ni un repaire de blancs».

Selon Soumaïla Kima, le gérant de l'établissement, le second Français enlevé est l'un des amis d'Antoine : «Il venait d'arriver dans la soirée à l'invitation de son ami afin de participer à son mariage.»

Selon un client français du restaurant, les deux ravisseurs «avaient l'air de savoir qui ils étaient venus prendre». «Nous étions assis juste à côté des deux autres Français et pourtant ils nous ont ignorés», a assuré ce client sous couvert de l'anonymat.

 

 

Source :

leparisien.fr

20:42 Écrit par BRUNO LEROY ÉDUCATEUR-ÉCRIVAIN dans LES BLOGS AMIS. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | Digg! Digg | |  Facebook |